« Si quelques erreurs se glissent dans cet
ouvrage, c’est à moi seul qu’il faut les attribuer ; si, au contraire, la
vérité s’y trouve convenablement exposée, j’en suis redevable à Dieu seul,
l’auteur de tous les dons. » (« La vraie Religion » Saint
Augustin Chapitre IX p.81)
Rien n’est plus trompeur que l’intitulé
du Tome 2 des entretiens du Cardinal et de l’auteur qui signe, Olivier Le Gendre. Plus encore que le Tome 1 (« Confession
d’un cardinal») c’est une véritable anthologie de griefs et un cortège de
reproches, contre l’Église, qui se succèdent tout le long des 315 pages du
libelle, sans l’ombre d’un début d’Espérance théologale[3]. Dès le titre nous voici donc plongés dans la duperie.
Ce Tome 2, moins construit, plus
foisonnant est aussi plus malaisé à mettre en procès car il déborde
d’accusations éparses qu’il faut tenter de regrouper en grands thèmes pour en
faire l’analyse systématique. Sont amoncelés des faits (faussés), des opinions
(toujours négatives), des évènements historiques (captieux) sans souci de
synthèse. Il conviendra, par nécessité d’être efficace dans la réponse, de
s’efforcer de rapprocher des éléments épars en les soumettant à des sujets
communs plus généraux.
Ce
second tome parait donc moins organisé que
le premier où des thèmes importants faisaient l’objet d’une construction suivie
et développée amplement avec leur unité logique. Chaque chapitre du premier
tome constituait, en quelque sorte, un réquisitoire structuré sur un sujet
concret traité pleinement. Ici la thématique est éclatée, avec des reprises
éparses tout au long du livre, si bien que pour unifier et clarifier la
réfutation il faut fouiller au fil des pages afin de réunifier les sujets.
J’ignore si cela
constitue un parti pris délibéré de l’auteur ou la conséquence d’un défaut de
méthode dû à l’épuisement et donc la redite des griefs après la lourde charge
du premier tome.
La
vérité est cependant que le résultat est redoutable car le surgissement soudain,
à l’improviste, d’accusations déjà portées puis leur retour récurrent à
plusieurs encablures de distance, avec un caractère réitéré, mais sous une
autre forme, produit un effet de sidération, de charme, de suggestion qui
convoie –par la force de la répétitivité- une forme d’accablement et de
persuasion clandestine.
La
méthode de la dispersion tente enfin d’éviter l’écueil d’une thèse élaborée et
doctrinaire qui présenterait le risque de rebuter, par son caractère académique,
certains lecteurs. Le foisonnement d’anecdotes et de jugements disséminés évite
de tomber dans le bloc compact doctoral.
Tout
cela sent bien, néanmoins, la construction
en vue d’une finalité évidente : la remise en question de l’Église
sous mille prétextes qu’il faut donc sonder, démasquer et critiquer.
Deux traits m’ont frappé dans ce
second livre :
·
Olivier
Le Gendre y occupe une place éminente, éclipsant l’Éminence, exposant plus
volontiers son opinion, intervenant plus souvent et de façon plus détaillée,
poussant toujours dans le sens le plus subversif;
il est, ici, l’agent actif des sujets débattus. En un sens, il dévoile son rôle
de protagoniste opératif de cette
charge parfois frénétique contre
l’institution, l’histoire et la doctrine morale de l’Église. Le Cardinal
s’efface, demeure un protagoniste secondaire ; il ne reste de lui que le
rictus fugitif, comme celui du chat du Cheshire dans Alice au pays des
merveilles dont on voyait encore le sourire après que lui-même eût disparu.
·
Au
terme du livre, cependant, son identité n’est toujours pas connue. On est, il
faut l’avouer, interloqué par cette gaminerie
inutile, ce jeu de cache souris qui n’ajoute rien au débat. Le texte est
dépourvu des (faux) indices du premier tome destinés à aiguiser la curiosité du
lecteur…et à l’égarer. Nous ne saurons donc toujours pas QUI est cet anonyme
mais prolixe et acerbe prélat (surtout
dans le premier tome); au demeurant quelle importance ? le personnage
s’estompe, la critique reste, c’est elle qu’il faut critiquer.
Cependant,
les deux observations que j’ai relevées m’induisent à souligner un aspect capital de
l’affaire : j’en dirai plus loin mon point de vue.
Le poids des mots, le choc de la photo.
« Notre raison nous dira
pourquoi l’aviron, si droit qu’il soit, paraît brisé dans l’eau, et pourquoi
l’œil doit ainsi l’apercevoir…Il est donc manifeste que, autant la vie des sens l’emporte sur la matière,
autant la raison s’élève au-dessus de toutes les deux. » St
Augustin (« La vraie religion » C.XXIX).
« Il
est de droit naturel de défendre l’Église, même
dans les choses qui ne sont pas
obligatoires » St Vincent de Paul (lettre du 25 juin 1648)
Avec O. Le Gendre, ça commence
très fort !
Car c’est avec un procédé de
perfide journaliste de propagande que l’on entre, en fanfare si j’ose dire et
de plain pied, dans l’image choc qui prétend, comme un prisme optique
interposé, nous imposer une grille de lecture pour toute la suite : dès la
page 31 nous sommes en effet confrontés au rapprochement scélérat d’une photo
du Time
avec les réfectoires d’enfants
malades. Un procédé émotionnel de vulgaire Paris Match dont les « unes »sensationnelles font
toujours la réputation de bas magazine people
et démagogue.
O.
Le Gendre rapporte donc un cliché « s’étalant sur trois colonnes »
présentant au Vatican « une table dressée…Une grande nappe blanche, aux plis subtilement disposés[4]…quatre verres, une assiette ronde de grand diamètre en riche
porcelaine, une large serviette blanche, trois fourchettes, deux
couteaux…des sièges recouverts de velours
marron, le fauteuil du pape avec accoudoirs
et plus haut dossier…en arrière plan,
des marches de marbre et un mur richement décoré…trois cardinaux en soutane
aux parements et aux trente-trois boutons
pourpres…Une table de princes[5].»(p.31 & 32).
Description
adroite, à finalité ravageuse par
accumulation de précisions neutres par elles même mais qui portent, ensemble
réunies, l’idée de faste et de luxe déplacé. Page 229, Le Gendre repasse une
nouvelle fois les plats –si j’ose dire- en parlant de « table princière du pape ».[6]
Donc,
« entre cette scène de luxe et celle
des réfectoires des enfants malades et des personnes avec handicap pour
illustrer l’idéal chrétien, je n’aurais guère d’hésitation » et il conclut « j’ai changé de camp[7].
C’est à vous [cardinal] que je le dois ».
Cette
image va constituer pendant tout le second livre la grille de lecture déformante qui va trahir les faits relatifs à la vie de l’Église ; elle
reviendra, sous-jacente, dans toutes les accusations contre la richesse, synonyme et compagne du pouvoir de l’institution catholique.
(p.185-186-209-213-229-231).
La
description vétilleuse, énumérative, entassant les images symboles –ou
prétendues telles[8]- veut imposer l’idée de RICHESSE
à travers des épithètes connotés à obtenir cet effet. Et forcer de la sorte
l’opposition avec la déréliction juxtaposée délibérément afin de créer l’effet
repoussoir désiré, facile, fabriqué.
Comble de la mauvaise foi et du rapprochement manichéen
visuel qui condamne automatiquement et moralement l’un des termes, choisi pour
cela même, pour être discrédité, déshonoré, flétri donc disqualifié.
Procédé
facile qui produit inexorablement son effet, mépriser l’un et le délégitimer
pour sa superbe qui côtoie le faible.
Le
caractère outré et artificiel de la superposition simultanée de deux images
contradictoires, leur voisinage, engendre le sentiment de scandale, de faute
morale, de dureté de cœur ; rien n’est plus délibéré, voulu, calculé,
tactique de base de journaliste éprouvé qui suscite l’indignation par l’opposition
de deux situations antinomiques contigües.
Et pourtant image et procédé sont radicalement
fallacieux et trompeurs car le cliché d’une table dressée, fut elle somptueuse
ne veut strictement RIEN dire : Tout le monde sait
l’immense pauvreté, charité et dévouement aux miséreux jusqu’à l’exténuation de
Saint Vincent De Paul, aumônier général des galères, fondateur des Gardes des
pauvres en 1633, des Filles de la Charité, de l’hôpital des Enfants Trouvés, de
l’hospice pour personnes âgées qui deviendra l’Hôpital de la Salpêtrière. C’est
grâce à la riche Mme de Gondi qu’il
pourra fonder la Congrégation de la mission. Puis il sera confesseur de la Régente Anne d’Autriche après avoir
assisté dans ses derniers moments l’agonie du Roi Louis XIII qui mourut dans ses bras. C’est dire si, pauvre
parmi les pauvres, Vincent De Paul fréquenta les puissants- sans y perdre son
âme, ni renoncer à sa pauvreté-. Si un paparazzi d’alors, muni d’une caméra
avait saisi un dîner mondain avec le
Saint à la table des Grands, nul doute qu’un Le Gendre d’alors[9] n’eût pointé les larges assiettes, les couverts d’argent,
les marbres et les fauteuils de velours, les chandeliers rutilants, les
vêtements de gloire etc.…De ses fréquentations, St Vincent en fut il moins
brûlant de charité, perdit il sa sainte pauvreté, fut il vaincu par la vanité
et l’orgueil ?
La réponse est connue ; elle
condamne le faux procès du faux prophète, Savonarole de notre temps : « méfiez
vous des opinions éthérées, elles côtoient souvent les mœurs les plus
ténébreuses » (Montaigne).
L’auteur ne s’est même pas
posé la question de l’authenticité du
cliché publié, illustrant l’article du Time
sur la situation de l’Église. Nous avons pourtant été suffisamment témoin
de procédés de désinformation, de mensonges délibérés, de montages sans
vergogne, d’images truquées ou de faux rapprochements indus auxquels le
journalisme nous a accoutumé.
Donnez
moi une image forte quelconque, accolée
à une situation quelconque opposée, je vous émeus et vous indigne
à coup sûr. La méthode est infaillible, mais malhonnête et artificieuse.
Mais
au-delà de cette possible éventualité du trucage grossier, la question qui
voulait être dramatiquement posée pour ébranler la confiance des fidèles catholiques
est celle de la richesse de l’Église quand tant de pauvres subsistent
dans le monde.
La question ainsi posée est elle
originale ? Elle l’est au même titre que sont immémoriales les
hérésies et les prétentions de réformes de l’Église.
Est-elle nouvelle ? Elle est nouvelle
comme la révolte, comme le péché, comme la contestation, comme l’éternelle
imperfection de l’homme créé.
C’est
dès l’Antiquité, tout au long de Moyen Âge, durant la Réforme luthérienne et
jusqu’à nos jours que la question de la
richesse de l’Église fut agitée comme agent de désagrégation du catholicisme et
de contestation de l’Église du Christ. Ce fut toujours une des principales
objections, car démagogique et explosive, contre l’Institution divine de
l’Église, vieille comme l’Église même, consubstantielle à son être, connaturelle
à sa constitution humaine.
O. Le Gendre à travers
une table dressée n’a vu que la
somptueuse richesse, sans s’interroger, au-delà des apparences matérielles de
la magnificence, sur l’état d’esprit et d’âme des acteurs de la scène. Car la
richesse ni l’ascétisme ne sont dans les objets extérieurs qui peuvent n’être
que faux semblants, mais dans les dispositions spirituelles intérieures qui
seules comptent et que Dieu pèse, Lui seul. A ce titre notre auteur commet donc
aussi une grande faute car il juge sur
les apparences mondaines pour en inférer une faute morale. C’est une grande
marque de Pharisien tout à l’affût de la façade. Notre Seigneur n’a- t- il pas
Lui-même, en quelque sorte, justifié cette table splendide quand il nous a
dit : « Mais toi, lorsque
tu jeûnes, parfume ta tête, et lave ton visage afin de ne pas faire voir aux hommes que tu jeûnes,
mais à ton Père, qui est présent dans le secret; et ton Père qui voit dans le
secret, te le rendra. »(Matthieu 6 :17,18) Comme nous en avertit
St Augustin (citation ci-dessus) M. Le Gendre voit le bâton comme brisé dans
l’eau par la réfraction et ne va pas au delà par la raison et par la foi en l’Église. En cela il est très coupable.
La
paille et la poutre.
Pourtant il eût dû se
souvenir de sa propre expérience personnelle vécue avec le même cardinal et
rapportée dans son premier tome: voici nos deux convives soupant dans un
restaurant romain dont la description rejoint en tous points le luxe décrié
chez le Pape : « hauteur de
plafond impressionnante, les murs sont chargés de moulures, et les plafonds
sont peints de fresques où des angelots joufflus à la chair exagérément rose se
contorsionnent dans des décors champêtres » (page 32 tome 1).
Cependant « je m’étais retrouvé avec
une triste aile de poulet rôti,
servi sous une sauce épaisse et figée, accompagnée de pommes de terre
sautées un peu molles…pauvreté de la cuisine[10]. »
Donc, d’une part le luxe apparent et de l’autre un régime misérable.
Le Gendre s’est il posé la question une seconde de
savoir si ce qu’il voyait dans le Time et
qui le révulsait tant n’était pas que l’apparat cachant la vraie frugalité reconnue par tous chez notre Pape ?[11] Mais pour lui, comme
toujours, l’explication pie ne vaut jamais pour l’Église ; carence
d’Espérance, de confiance et de sens catholique marquent sans cesse tous ses
préjugés.
Pire encore : quand on se targue de juger il faut
être exempt du délit reproché aux autres. M. Le Gendre se souvient il encore de
son second dîner avec le cardinal ? (pages 67 & 68 du premier tome).
En guise de luxe et de sobriété, nous assistons ici, dans un célèbre et goûteux
restaurant taverne typiquement romain à un repas peu continent : « Nous
en étions à choisir notre repas. Il [le cardinal] hésitait entre les crostini
et des gamberetti radicchio, puis entre une escalope milanaise et des spaghetti
alla vongole. Je lui recommandais de choisir comme moi les gamberetti, lui
faisant valoir que ces petites crevettes se mariaient agréablement avec le radicchio, variété de chicorée
rouge , coupée en fines lamelles et assaisonné
au citron. Puis, je lui imposais quasiment les spaghetti, lui assurant
que les vongole, sorte de petits clams, étaient toujours très frais ici et que
la sauce pimentée au basilic leur donnait le caractère qui leur manquait à
l’état naturel. J’étais un habitué de
l’Antica Taverna… Nos crevettes arrivèrent assez rapidement :
larges assiettes[12] où le
rose des crevettes jurait nettement avec le violet de la chicorée. Sur le plan
du goût, en revanche, le mariage était parfait.»[13]
Enfin, je propose aux
lecteurs de savourer la lecture des pages 160 et 161 du 2° tome
lui-même, qui anéantissent à leur tour le mauvais procès fait à la table du
Pape par un juge pris en flagrant délit de riche table :
« Je m’étais en effet rappelé que mon
cardinal, à l’époque où il résidait à Rome, avait été emmené plusieurs fois par des amis dans cet
endroit chaleureux…et coûteux. Nous nous assîmes dans un
coin isolé de la première salle, lui sur une banquette, moi sur une chaise. Il
commanda une apple pie et un thé Earl Grey qu’il demanda accompagné de lait,
seule fausse note dans notre connivence de
l’après midi. J’optais pour un Tarry Souchong, très fumé, en me gardant bien
d’en dénaturer le goût et le parfum par du sucre ou du lait, et je complétais
la commande par une tarte au citron. Décidément, me dis-je avec ma mauvaise foi
coutumière, il n’y a que nous, Français, pour savoir comment on doit boire le
thé. » Quand on pourfend la richesse des autres, on évite d’étaler
la sienne.
On
le voit, O. Le Gendre déteste chez les autres ce qu’il autorise chez lui. C’est
la parabole de la paille et la poutre qui le juge.
Tout
le monde comprend que la déplorable image de l’Église que veut donner
l’auteur dès l’entrée en matière
constitue le motif dont tout le livre ne va constituer que la suite des
variations. On en a évalué le ton, le fond et l’amère saveur, cela fait déjà pressentir
ce que sera la suite. En effet, la côtelette suffit pour prévoir l’exécrable goût
du chameau.
La
richesse reprochée à l’Églises sera
donc la principale question à traiter puisque c’est par elle, à travers une association
d’images choquantes, que s’ouvre en force« l’espérance du cardinal ».
C’est aussi ce thème récurrent qui court, serpente, s’impose tout au long du
livre par allusions ou anecdotes ou illustrations sur les thèmes de la Cappa
Magna, de la Tiare, des rituels liturgiques, de l’épisode, falsifié, de la
visite de St François d’Assise à Innocent III (qui seront traités tour à tour).
La
richesse de l’Église et sa légitimité
feront donc l’objet du chapitre final car, on l’a compris avec le choc voulu de
la photo du Time c’est cette
question de la richesse qui sert de levier émotionnel forgé pour légitimer le
réquisitoire implacable du livre.
Auparavant
il faudra aborder des questions accessoires mais liées comme les relations avec le monde, l’organisation de l’Église en relation
avec sa mission, sa prétendue centralisation
mortelle et sa soi-disant gérontocratie,
l’intégrisme, la faction organisée dont l’intrigue au
sein de l’Église vise à la changer[14] !
L’Église et le monde.
Evangile St Matthieu 18 :7 « Malheur au monde à cause des scandales ! »
Evangile St Jean 14 : 16. « Et moi,
je prierai le Père, et il vous donnera un autre Consolateur, pour qu'il demeure
toujours avec vous;
14 : 17.C'est l'Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit point et ne le connaît point…
14 : 17.C'est l'Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit point et ne le connaît point…
14 :27. Je vous laisse la
paix, je vous donne ma paix; je ne la
donne pas comme la donne le monde.
14 :30. Je ne
m'entretiendrai plus guère avec vous, car le Prince de ce monde vient et il n'a rien en moi. »
15 : 18. « Si le monde vous hait, sachez qu'il m'a haï le premier.
15 : 19.Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui lui appartiendrait en propre. Mais parce que vous n'êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela, le monde vous hait. »
15 : 19.Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui lui appartiendrait en propre. Mais parce que vous n'êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela, le monde vous hait. »
16 : 20. « En
vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous vous lamenterez,
tandis que le monde se réjouira. »
16 : 33. « Je vous ai
dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous avez des tribulations dans le monde,
mais prenez confiance, j'ai vaincu le monde. »
mais prenez confiance, j'ai vaincu le monde. »
17 : 9. « … Je ne prie
pas pour le monde, mais pour ceux que vous m'avez donnés; parce
qu'ils sont à vous. »
17 : 14. « Je leur ai
donné votre parole, et le monde les a haïs,
parce qu'ils ne sont pas du monde,
comme moi-même je ne suis pas du monde.
15. Je ne vous demande pas de les ôter du monde, mais de les garder du mal.
16. Ils ne sont pas du monde, comme moi-même je ne suis pas du monde. »
15. Je ne vous demande pas de les ôter du monde, mais de les garder du mal.
16. Ils ne sont pas du monde, comme moi-même je ne suis pas du monde. »
Epître St Paul 1 Cor 1 : 20 « … Dieu n'a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde? »
1 : 27 « Mais ce que le
monde tient pour insensé, c'est
ce que Dieu a choisi pour
confondre les sages; et ce que le monde tient pour rien, c'est ce que Dieu a
choisi pour confondre les forts »
confondre les sages; et ce que le monde tient pour rien, c'est ce que Dieu a
choisi pour confondre les forts »
2 : 12 « Pour
nous, nous avons reçu non l'esprit du
monde, mais l'Esprit qui vient de
Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par sa
grâce.
Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par sa
grâce.
19 En effet, la sagesse de ce monde est folie devant Dieu »
11 : 32 « Mais le
Seigneur nous juge et nous châtie, afin que nous ne soyons pas
condamnés avec ce monde. »
condamnés avec ce monde. »
Epître 1 Jean 2 : 16 « Car tout ce qui est dans le monde, la
concupiscence de la chair, la concupiscence des yeux, et l'orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais du
monde.
monde.
5 : 19 Nous savons que nous
sommes de Dieu
et que le monde entier est plongé dans le mal. »
et que le monde entier est plongé dans le mal. »
Le climat que l'on respire dans notre société n'est pas
salubre, il est pollué par une mentalité qui n'est pas chrétienne, ni même
humaine, parce qu'elle est dominée par des intérêts économiques, préoccupée
seulement des choses terrestres et manquant d'une dimension spirituelle. Dans ce climat, nous
marginalisons non seulement Dieu, mais aussi notre prochain, et nous ne
nous engageons pas pour le bien commun.
(Benoît XVI discours prononcé
devant les habitants de Serra San Bruno le 9/10/2011)
On le constate, les Apôtres, les
Évangélistes, rapportant la doctrine de Sauveur en personne, accumulent les
propos qui décrivent l’antagonisme radical de l’Église et du monde. J’ai pourtant
abrégé les citations, innombrables, du
Nouveau Testament sur ce thème.
Entendons nous bien, ce qui est
dénoncé sous le vocable « le monde » est le système formé par
l’ensemble des doctrines, religions, philosophies, pratiques, mœurs,
législations, gloires et rites qui séparent l’homme de Dieu[15], nient ou tripotent le
surnaturel, exaltent l’homme humain, naturalisé[16], ne recherchent que le plaisir
des sens et se révoltent contre toute
autorité légitime au nom d’une liberté affranchie de toute règle. Ce
« monde » là le Christ Sauveur nous en a prévenus abondamment, il est
l’ennemi du Salut. Et son prince en est le Démon.
En contrepartie, Jésus est bien
venu pour « sauver le monde »
c'est-à-dire tous les pécheurs que nous sommes, il est venu repêcher tous les
hommes, les appeler à la conversion et à la grâce, par les sacrements qu’il
institua pour la dispenser et dont il confia la clé à son Église catholique.
Non, hélas, que tous les hommes fussent sauvés, mais tous sont appelés et le
prix payé pour leur salut, infini, suffit à TOUT racheter ; il suffit de
le vouloir.[17] Mais il faut le vouloir, et tous
ne le veulent pas.[18]
C’est cette doctrine, catholique,
qui fut toujours enseignée depuis les temps apostoliques.
Lisons ce qu’en disent l’auteur et
l’anonyme cardinal.
« …Ceux qui jugent que
l’Église est en retard sur son temps »
p.64
« …être plus en phase avec ce qui se vit réellement » p.66
« …c’est la manière
d’exprimer de façon audible par nos
contemporains la Vérité avec un grand V
qui constitue la priorité » p.134
« Je crois que le
gouvernement de l’Église aurait beaucoup à gagner s’il se mettait à suivre cette attitude : prendre le temps
d’une pensée flottante, ouverte à ce
que lui dit la société » p.146
« Je me souviens d’une
conversation avec vous, Éminence. Vous m’aviez dit que la place de l’Église est
d’être à genoux aux pieds du monde
et non pas de siéger sur un trône de puissance. »[19] p. 226
C’est bien d’un renversement de la
foi qu’il s’agit puisqu’ici, le monde enseigne
et l’Église est enseignée. Avec
les mots stéréotypés habituels mille fois répétés par les militants de cette
cause qui culbutent l’ordre surnaturel des choses nous retrouvons l’antique, le
vieux, le revenant naturalisme de toujours, modernisme éculé, hydre renaissante
car toujours ranimée par « celui qui nie ».[20]
Nouveauté ? Plutôt vieillerie
récidivante, résurgence de Lamennais, de modernisme et de Père Congar[21] : il faut détacher l’Église
du monde chrétien, des conceptions médiévales
de la religion et de la société que les grandes révolutions de notre âge
ont dépassées.[22]
Ils veulent rattraper le retard sur leur temps, être en phase,
ouverts à ce que dit la société ?
Aveugles ! Sourds ! Les
voici les signes du monde, toujours tels
que Saint Paul les montre, inchangés, stables dans leur sédition, appelant
Bien, le Mal, et Mal, le Bien :
« remplis de toute espèce d'iniquité, de malice, de
fornication, de
cupidité, de méchanceté, pleins d'envie, de pensées homicides, de querelle, de
fraude, de malignité, semeurs de faux bruits,
calomniateurs, haïs de Dieu, arrogants, hautains, fanfarons, ingénieux au
mal, rebelles à leurs parents,
sans intelligence, sans loyauté, implacables, sans affection, sans pitié.
Et bien qu'ils connaissent le jugement de Dieu déclarant dignes de mort
ceux qui commettent de telles choses, non seulement ils les font, mais encore
ils approuvent ceux qui les font. » Épître aux Romains 1 :29 à 32 .
cupidité, de méchanceté, pleins d'envie, de pensées homicides, de querelle, de
fraude, de malignité, semeurs de faux bruits,
calomniateurs, haïs de Dieu, arrogants, hautains, fanfarons, ingénieux au
mal, rebelles à leurs parents,
sans intelligence, sans loyauté, implacables, sans affection, sans pitié.
Et bien qu'ils connaissent le jugement de Dieu déclarant dignes de mort
ceux qui commettent de telles choses, non seulement ils les font, mais encore
ils approuvent ceux qui les font. » Épître aux Romains 1 :29 à 32 .
Être
en phase avec le monde tel qu’il est
c’est capituler sur la vérité, sur les vertus chrétiennes, c’est dissoudre
l’Église pour la noyer dans le magma mondain. Si vous voulez satisfaire le
monde, lui complaire, le flatter, le caresser, il n’exige qu’une petite concession,
un petit rien, un détail, une vétille.
Il ne veut plus que vous lui parliez
de la CROIX.
A ce prix il vous accordera
TOUT : honneurs, gloire, applaudissements, places et pouvoirs ; il
vous ouvrira même en grand ses lupanars et ses palais et vous entrerez gratis, repus.
Vous AUREZ tout, vous ne SEREZ
plus rien.
« Ils
ont écrit sur les frontons de leurs Temples : ici on est mieux nourri
qu’en face, et ils s’étonnent de recueillir des ventres à la place des
cerveaux » Bernanos.
Le monde veut votre Être en
échange de son Avoir. Échange perfide et illusoire car la Croix reste, pendant
que le Monde roule.
Sommes-nous disposés à cette
reddition aussi vaine que couteuse. Car elle nous coûte la vie éternelle et ne
rapporte qu’un éphémère plaisir : « Volupté, fantôme élastique »
(Baudelaire).
« Une âme vaut plus que le
monde entier : elle vaut le sang d’un Dieu, elle est d’un prix
infini ; et tous les jours on donne son âme pour la moindre chose du
monde ! Ne soyez pas de ces insensés. » Père de Dreux OFM
(« Méditations ascétiques »).
Saint Augustin dit des Princes des prêtres du Sanhédrin qui
condamna Notre Seigneur : « Ils voulurent garder leur puissance
et ne pensèrent point à la vie éternelle, et ils perdirent ainsi l’une et l’autre ».
S’agenouiller aux « pieds du monde » ? Mais c’est
l’ultime tentation Satanique du désert que Jésus réfuta catégoriquement :
St LUC
4 : 5 « Et l'ayant élevé, le
diable lui montra en un instant tous les royaumes de la terre,
6 et le diable lui dit : " Je vous donnerai toute cette puissance avec leur
gloire, car elle m'a été remise et je la donne à qui je veux.
7 Si donc vous vous prosternez devant moi, elle sera toute à vous. "
8 Jésus répondant lui dit : " Il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu,
et tu ne serviras que lui seul. » St Matthieu ajoute : « Alors le diable le laissa, et voilà que des anges s'approchèrent pour le servir » (4 :11). C’est quand ils refusent l’hommage au monde que Dieu réconforte les siens. Retenons cette leçon.
6 et le diable lui dit : " Je vous donnerai toute cette puissance avec leur
gloire, car elle m'a été remise et je la donne à qui je veux.
7 Si donc vous vous prosternez devant moi, elle sera toute à vous. "
8 Jésus répondant lui dit : " Il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu,
et tu ne serviras que lui seul. » St Matthieu ajoute : « Alors le diable le laissa, et voilà que des anges s'approchèrent pour le servir » (4 :11). C’est quand ils refusent l’hommage au monde que Dieu réconforte les siens. Retenons cette leçon.
Lors du Lavement des pieds, Jésus
ne s’est pas agenouillé aux pieds du monde, il s’est agenouillé devant ses Apôtres et eux se prosternaient devant
LUI.
Une pensée flottante ? Quelle
pensée digne de ce nom peut se satisfaire de l’instabilité, de
l’irrésolution ainsi proposées ; la
pensée est faite pour conclure dans la vérité et s’enraciner, ferme, dans la
certitude. La foi n’est pas indécise,
garantie par sa source divine de l’assurance de ne pas errer. Une pensée
flottante, mouvante, indéterminée, errante, « dans le vent » :
ambition stupide de la feuille morte d’automne !
L’opposé de la pensée flottante ? Jésus Christ :
« Que votre oui soit oui, que votre
non soit non. Tout le reste vient du
Démon » St Matthieu 5 :37.
Être
à genoux aux pieds du monde ? Idolâtrique inversion déjà proposée au Christ Seigneur par le Prince de ce
monde lors des quarante jours au désert. La réponse du Fils de Dieu, terrible
pour les adorateurs du monde, suffit : « Retire-toi, Satan; car
il est écrit: Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu Le serviras Lui seul.» St
Matthieu 4 :10.
La leçon finale de cette apostasie
refusée est démonstrative et exemplaire : « Alors le diable le
laissa » (St Matthieu 4 :11). Seule une conviction ferme remporte la
victoire. Le seul moyen de triompher
de la tentation ? Ne RIEN lui concéder.[24]
L’agenouillement aux pieds fourchus du monde est la plus
grande impiété actuelle, c’est l’érection du mondialisme (en tant qu’adoration du monde, manifestée par la
prosternation[25]) comme religion panthéiste de
l’ordre naturel sur-naturalisé pendant que l’on naturalise l’ordre surnaturel. Cette
confusion eschatologique des deux ordres manifeste la confusion mentale de
l’humanité déchue. C’est le retour à la tentation originelle du jardin d’Eden
où il est promis à l’homme « vous serez comme des dieux », la
Rechute. C’est le contrepied du précepte de St Paul en Philippiens 2 :10 « afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux,
sur la terre et dans les enfers ». C’est enfin la contradiction avec
la recommandation du pape Benoît XVI : « Pour réaliser sa mission, l´Eglise doit prendre continuellement ses
distances par rapport à son milieu, elle doit, pour ainsi dire, se démondaniser… L’Église doit toujours de nouveau faire l’effort de se détacher de la mondanité du monde ». (Discours de Fribourg devant les
catholiques allemands 25 septembre 2011).[26]
Le Christ n’est pas venu pour servir le monde mais pour le sauver.
Comment l’Église pourrait elle
remplir sa mission d’évangélisation, répondre à l’injonction finale du Seigneur
« Allez, enseignez toutes les nations…. »si, semblable à lui et diluée
dans le monde, imprégnée dans son être des antivaleurs de celui-ci elle ne lui tendait
que le miroir de sa propre image ? Pour enseigner il faut, c’est le bon
sens, apporter une doctrine distincte, autre, en quelque sorte étrangère et
nouvelle, inattendue, fascinante, roborative, intelligible et digne d’amour ; une
doctrine DIVINE, à l’opposé de ce
qu’est substantiellement le monde.
En convoyant le mondialisme, l’œil fixé sur une chimère[27], Le Gendre renverse l’ordre des
choses, mettant en haut ce qui est en bas et en bas ce qui est en haut. Cela se
nomme une révolution quand le seul vrai besoin est la conversion.
Vous voulez réformer l’Église,
réformez votre âme, avec la sainteté tout vous sera donné de surcroît : À la bienheureuse Mère Térésa il fut demandé un jour de dire quelle
était, selon elle, la première chose à changer dans l’Église. Sa réponse fut
: vous
et moi !
« Alors Jésus
parla aux foules et à ses disciples, en disant …Vous n’avez qu’un seul maître, le Christ » (St Matthieu
23 :1, 2,10)
Contradiction ou reddition ?
Comment ne pas déceler dans cette servilité
consternante[28] envers le monde soit une
contradiction étrange soit une connivence politique
ou idéologique honteuse, camouflée.
Rappelons-nous, dans le premier
tome, les propos acerbes et critiques du cardinal contre la (supposée) connivence de l’Église envers le monde
sous Constantin empereur puis ces successeurs et envers les monarchies et institutions d’alors[29]. Il écartait donc, en ces temps,
toute idée de pactiser avec le
monde. Bien que ce monde, au moins partiellement et intentionnellement, mais imparfaitement, fût de constitution chrétienne. On l’appelait d’ailleurs
assez justement la Chrétienté.
Oh ! Tout n’y était pas si
parfait, ni souvent si chrétien mais on le savait et l’on était lucide sur les
imperfections et les écarts.
On n’avait pas la superbe,
l’arrogance, la suffisance des temps modernes à l’utopie et l’autoglorification
ravageuses. Et quelques vices qu’on eût ils demeuraient personnels, l’affaire
de chaque âme. Aujourd’hui la société impose son DROIT vicieux, légifère contre les commandements, répand le poison
de la luxure, de l’impudicité, de la violence morale et physique, de la
corruption, de l’injustice, glorifie le laid, l’informe, le dénaturé. Expose le
répugnant, prime le dégoûtant et l’abominable. Rembourse le crime et condamne
l’objecteur. Subventionne le blasphème et élève l’impur aux plus hautes
chaires. Justifie la guerre par le prétexte humanitaire –la pire des
impostures- et dépouille le pauvre au nom de l’efficacité économique –la pire
des hypocrisies-.
Et c’est ce monde là qu’il
faudrait vénérer ?
Quel renversement de vapeur, si je
puis dire.
Alors, Contradiction ?
Je ne le crois pas ; je
penche plutôt pour le choix éclairé, instruit, délibéré ; choix idéologique et politique pour une
certaine forme de société, société qui attire l’Église vers sa décomposition
par osmose avec elle. Mariage de l’eau et du feu, absorption de l’une dans
l’autre (au détriment de l’Église bien sûr). Phagocytose terminale de type
maçonnique : La super Église mondialisée, âme du monde, gardienne du dogme
des Lumières avec sa trinité profane liberté-égalité-fraternité.
« Penser
selon le monde, c’est mettre Dieu de côté, ne pas accepter
son projet d’amour, presque l’empêcher d’accomplir sa sage volonté. Le
chrétien suit le Seigneur lorsqu’il accepte sa croix avec amour – ce qui
apparaît comme une défaite aux yeux du
monde, et une « perte de sa vie.»Benoît
XVI angélus du 28 aout 2011.
C’est la clameur renouvelée du
Calvaire que le monde jette à l’Église :
« Si
tu es Fils de Dieu descends de la croix ! » St Matthieu 27 :40 .
Tel est le cri du monde.
C’est à cette complicité que nous
invite « l’espérance du cardinal ».
C’est cette tentation, que Jésus
surmonta par amour pour notre salut,
que nous ne cautionnerons pas, par
fidélité. Et que nous combattons, par devoir.
« Deux amours ont
bâti deux cités : celle de la terre
par l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu, celle du ciel par l'amour de Dieu
jusqu'au mépris de soi. L'une se glorifie en
elle-même, l'autre dans le Seigneur. L'une en effet demande sa gloire aux hommes ; l'autre tire sa plus
grande gloire de Dieu, témoin de sa conscience. L'une, dans sa gloire, redresse la tête ; l'autre dit à
son Dieu : Tu es ma gloire et tu m'élèves la tête. L'une dans ses chefs ou
dans les nations qu'elle subjugue, est dominée par le désir de dominer ; dans l'autre, on se rend service
mutuellement dans la charité, les gouvernants en prenant les résolutions, les
sujets en obéissant. L'une, dans ses puissants, chérit sa propre force ; l'autre dit à son Dieu : "Je
t'aimerai, Seigneur, toi ma force. » — Saint Augustin, La Cité de Dieu, XIV, 28,1.
L’Église toujours accusée.
Le tome 2 ne faiblit pas,
peut être même aggrave-t-il les calomnies contre l’Église qui se font légion
avec un vocabulaire dépourvu de respect, de spiritualité, de sens ecclésial,
comme pourrait être faite la critique d’un organisme civil humain quelconque,
de sous préfecture. On y relève une inélégance persévérante dans les termes
effleurant même la muflerie inconvenante. Et une complète ignorance – voire
négation- de la dimension surnaturelle
de l’Église.
« La seule[30]
question qui se pose aujourd’hui est la suivante : les gens peuvent ils
avoir encore confiance dans
l’Église sainte, catholique, apostolique et romaine ? »[31]
Page 24.
« La question qui se pose est
la suivante, et c’est la seule qui compte aujourd’hui : est-ce
l’institution, le message ou les deux, en lesquels les gens ont perdu confiance ? »[32]
Page 25.
«Le fonctionnement de l’Église l’empêche de porter de manière crédible
et sereine son message » page 38.
« Le gouvernement de l’Église a pendant trop longtemps promulgué des lois
dénuées de compassion. » Page 103.
« -Éminence, nous avons tout de même un sacré
problème de gouvernement dans notre Église.
-Oui, à l’évidence…nous réagissons toujours avec retard. » Page 123.
« Le Gendre : -J’affirme que l’Église est l’organisme au monde qui est le plus enfermé dans le cadre qu’il s’est fabriqué. Il
reproduit.
Le Cardinal : -Qu’entendez vous par « il
reproduit » ?
Le Gendre : -simplement qu’il est incapable d’imaginer d’autres manières de faire que les siennes. Il
n’apprend rien ou pas grand-chose de
ses erreurs passées et des pièges dans lesquels il est tombé. Il ne va pas voir
ailleurs…Il est dans le cadre, prisonnier
de ce cadre doré à l’extérieur et vermoulu
à l’intérieur. » Page 145[33]
« Si l’Église est trop riche, elle peut offrir une religion de qualité,
mais elle ne peut pas suivre le Christ. »
Page 185.
« Une institution riche peut elle être un obstacle à la recherche
de Dieu ? Riche dans ses atours et ses avoirs, riche dans sa
position de domination, riche dans
la condescendance de ses attitudes,
riche dans l’exercice de son pouvoir sur
les consciences, riche dans ses
relations avec les politiques… » Page 213.
« Je suis assez révolté par
tout ce qui, dans le fonctionnement de notre Église, empêche les petites gens d’y trouver un lieu où abriter leurs espérance » Page 263.
Une
remarque préalable me parait utile et digne d’intérêt : les blâmes
ci-dessus, impitoyables, durs, injustes nous le verrons, qui flagellent et mutilent
notre Église sont TOUS le fait
d’Olivier Le Gendre. Je le faisais remarquer dans le prologue, Le Gendre est
dans ce livre en première ligne, agressivement, sans retenue. Le Cardinal n’a
d’autre rôle, généralement, que de pousser Le Gendre à développer sa pensée ou faire
préciser un terme ambigu[34]. Cela
ne peut que nous intriguer davantage, nous en reparlerons.
Une deuxième réflexion
s’impose ici : le deuxième livre est beaucoup plus mordant et pugnace
contre l’Église que le premier ; il semble que l’on passe à une vitesse
supérieure dans l’offensive destructive où l’on dévoile une amertume inégalée,
en des termes parfois malsonnants, outrés, caricaturaux. D’une certaine manière,
la démesure est un signe de faiblesse et de retraite ; est ce parce que
leurs espoirs de remise en cause et
de subversion s’évanouit dans une Église fermement tenue par un Pape doux mais
ferme et que fleurissent une foule d’indices de relèvement dans la fidélité à la doctrine ?
« Une force moyenne s’exprime
par la violence, une force infinie s’exerce par la douceur.»[35]
An
fond, pour condenser sans trahir la pensée de Le Gendre, l’Église n’apporte
plus ni la Foi, ni l’Espérance, ni la Charité.
Mais
que reste-t-il alors de Divin dans cette Église si elle renie les vertus
fondamentales héritées de son Fondateur ?
Je
le soulignais déjà dans ma première Réfutation, Le Gendre et son Cardinal ne
reconnaissent plus dans l’Église un seul caractère inspiré, niant de fait l’assistance du Saint Esprit, âme de
l’institution, et occultant son état d’Épouse du Christ, oublieux de la
promesse d’inerrance et de fermeté dans la Foi.
« Ils vivent encore
dans l’ombre de la foi mais ils n’en voient plus la lumière » Chesterton
in L’homme éternel.
Le
fond de leur méprise réside en deux
erreurs graves, substantielles, sur la nature même de l’Église dont
ils méconnaissent et sont incapables « de comprendre avec tous les saints quelle est
sa largeur et sa longueur, sa profondeur et sa hauteur » (St Paul Ephésiens 3 :18)
·
Ils n’y reconnaissent pas sa nature
divine, divine dans son Fondateur,
dans son origine, dans sa doctrine, dans ses moyens de sanctification
(notamment les sacrements), dans le miracle de sa persistance dans la tribulation des temps,
divine dans la dispensation de la sainteté et de la justice. Et donc divine
jusque dans son fonctionnement, assisté, aussi,
par la Providence.
·
Mais ils ne se résolvent pas plus à sa nature humaine voulue par Dieu afin d’attirer
les hommes en son sein ; ils
cherchent une Église pure, sans tache, parfaite, dépourvue de défectuosités et
de flétrissures : une Église de saints ou pire (si j’ose dire) une église
d’Anges ; mais celle-ci aurait elle pu appeler les pécheurs ? Une
église formée d’hommes pécheurs peut convertir des pécheurs, une église
d’hommes coupables et égarés peut sauver des hommes perdus.
« Ce
qui justifie l’existence de l’Église c’est que ses enfants soient des pécheurs
et non qu’ils soient sans péché » Chesterton ibidem.
Au
fond ils reprennent à leur insu l’éternel reproche des hérétiques au Rédempteur
lui niant tour à tour la divinité et l’humanité. Et pourtant : « Pour être Sauveur il faut avoir un
mérite infini ; mais pour mériter il faut être homme, et pour mériter infiniment,
il faut être Dieu ». [36]
Ce
qu’ils voient c’est une église aplatie, rapetissée, matérialisée, réduite à une
étendue purement horizontale permettant de glisser le message sous la porte du
monde, un monde idéalisé et divinisé[37]
pour une église désacralisée. Il n’est pas étonnant que les imperfections
inévitables résultant du format humain de l’église, mais exagérément grossies
et considérées SEULES, leur apparaissent rédhibitoires, impardonnables et ontologiques, intrinsèques à l’organe
ecclésial. Quand on ne voit en elle qu’une organisation universelle de
compassion philanthropique et d’assistance sociale, évidemment on est fondé à
la juger sur un mode sociologique profane dénué de tout sens surnaturel.
Le double contresens réside dans la négation
de l’œuvre et des marques de Dieu permanentes au sein de l’Église en même temps
qu’on lui impute ses insuffisances humaines.
Avec, disons le fortement, des inexactitudes et des
outrances méchantes et déraisonnables :
-« l’Église a pendant trop longtemps promulgué des lois dénuées de
compassion ». J’ai montré dans la 1° Réfutation tout ce que la société depuis des
siècles devait à l’œuvre charitable historique de l’Église (« Les
bienfaits catholiques » page 14) ; on s’y reportera pour juger de
l’injustice délibérée de ce préjugé
digne des pires anticléricaux.
-« J’affirme que l’Église est l’organisme au monde qui est le plus
enfermé dans le cadre qu’il s’est fabriqué. » Plus enfermé que le Parti
communiste chinois ? Que le parti communiste cubain ? Que le parti
communiste nord coréen ? Que les loges maçonniques couvertes par le secret
et que leurs doctrines ésotériques à la symbolique obscure et magique ?
Plus enfermée que les sectes Bouddhistes ou Hindouistes avec leur cortège de
dieux inquiétants, mi-hommes mi-bêtes, à la doctrine sibylline et parfois
sanglante, ténébreuse ? Plus enfermée que les banques d’affaires aux
spéculations énigmatiques dont on ne connait que les couteux désastres
publics ? Plus enfermée que les églises évangéliques américaines fondées
sur la collecte éhontée du fric et leurs agiotages boursiers ? M. Le Gendre et son Cardinal ne seraient-ils pas, eux
surtout, « enfermés » dans une aventure obscure et cachée, trame dont
nous entrevoyons quelques lueurs échappées d’une prudence en défaut ? [38]
« Certains regardent
l'Église en s'arrêtant sur son aspect extérieur. L'Église apparaît alors seulement comme l'une des nombreuses
organisations qui se trouvent dans une société démocratique, selon les normes
et les lois de laquelle le concept «Église » qui est difficilement
compréhensible en lui-même, doit ensuite être jugée et traitée. Si on ajoute
encore à cela l'expérience douloureuse que dans l'Église, il y a des bons et
des mauvais poissons, le bon grain et l'ivraie, et si le regard reste fixé sur
les choses négatives, alors ne s'entrouvre plus le mystère grand et profond de
l'Église.
Par
conséquent, ne sourd plus aucune joie pour le fait d'appartenir à cette vigne
qui est l'« Église ». Insatisfaction et mécontentement se diffusent, si on ne voit pas se
réaliser les propres idées superficielles et erronées sur l'« Église » et les
propres « rêves d'Église » ! Alors cesse aussi le cantique
joyeux « Je rends grâce au Seigneur qui, par grâce, m'a appelé dans son Église
», que des générations de catholiques ont chanté avec conviction. »
Homélie de la
Messe de Benoit XVI stade de Berlin, devant
80 000 personnes. 22 septembre 2011
Page
12 Le Gendre écrit encore : « Cette Église, notre Église, Éminence, donne tellement l’impression d’être
à la remorque de l’Histoire qu’elle pourrait bien en finir exclue. »
On
veut dire sans doute par là que l’histoire humaine
est toujours décalée vers l’avant ce
qui finira par bannir l’Église de
cette histoire. On ne s’interroge donc même pas sur le danger, pour le monde, d’être, LUI, séparé de
l’Église en courant toujours plus frénétiquement, plus aveuglément, plus
éperdument, vers l’avant. L’avant ?
Sait-il ce qu’il va trouver, en avant ? « un avenir radieux »,
« un horizon de rêve », « un lendemain qui chante »,
« une société parfaite » ? Autant d’utopies meurtrières que l’on
découvre, en parvenant en « l’avant », le XX° siècle en a été empli
et empoisonné. Bossuet disait déjà il y a plus de trois cents ans :
« les mondains courent à la servitude par la liberté… » &
« Les hommes courent à la perdition par des chemins bordés de fleurs ».
« L’avant » ? Écoutons Simone Weill : « avenir, combleur de vide, avenir, substitut
de l’Éternel ».
Il
y a bien longtemps que l’Église est exclue
de l’Histoire, c’est même elle seule qui s’en est exclue délibérément quand
elle a été fondée sur et par un Dieu éternel.
Car l’éternel n’est ni avant ni derrière
l’Histoire, IL EST AU
DESSUS. Et il la juge !
En
l’ignorant Le cardinal Le Gendre démontre son incompréhension de l’essence de
l’Église et de l’insignifiance, au regard de Dieu, de l’Histoire séparée de
l’Église.
Quant
au fait qu’elle soit « riche dans l’exercice de
son pouvoir sur les consciences » je crains que ne soit pas
mesuré à sa juste expression, ce qu’est l’effroyable pouvoir sur les consciences qu’exerce le monde actuel avec ses moyens de persuasion clandestine[39], de manipulation psychique par les media,
de martèlement de thèmes dominants, de désinformation
organisée, de publicité obsédante et intrusive dans le cœur même des
familles et des personnes, de contrôle des
pensées par les écoutes de nos téléphones, ordinateurs, courriers, échanges,
achats et modes de vie. Dans ce domaine de la possession furtive mais
implacable de nos consciences, le Diable fait toujours plus que le Bon Dieu,
car l’un s’incline devant notre volonté et l’autre la capture pour l’asservir,
par séduction, par mensonge ou par viol.
Sur
le thème de la « richesse »
obstacle au message du Christ nous réservons un chapitre complet
ultérieur ; nous verrons alors la mauvaise foi et la fausse querelle
s’échouer sur la vanité et la vieillerie de cette accusation.
Le centralisme de l’Église.
« L'inexorable
histoire repousse les systèmes les plus ingénieux, lorsqu'ils ne sont pas
appuyés sur des documents authentiques. »
CHATEAUBRIAND.
La
parole est maintenant au Cardinal sur un sujet ou il se veut expert, l’histoire
de l’Église : « Excusez
moi, vous connaissez mon penchant
pour l’Histoire et les enseignements que
l’on peut en tirer » page
207.
Nous l’avions surpris dès le tome 1 –malgré sa
prétendu expertise historique- en grande faute d’analyse et en outrance de
conclusion. Il y ajoute souvent la forgerie du récit, voire la restitution
inexacte des textes comme il sera démontré plus loin. Ici, pour le cas, c’est à
une extension injustifiée et imaginaire que nous aurons droit.
Il
nous conte l’histoire du royaume Khmer qui prospéra du IX° au XV° siècle. Le
Cardinal nous narre la grandeur, la beauté, l’immensité de la capitale Angkor
dont ne subsistent que des ruines imposantes et touristiques rongées par la
jungle. Sa leçon est : l’hypertrophie de la ville capitale ayant anémié et
asphyxié l’empire Khmer, aspiré ses richesses et paralysé ses forces a provoqué
son effondrement inexorable et catastrophique. Bien sûr, identiquement,
l’Église trop centralisée, bureaucratisée à Rome va prendre le même chemin et
débiliter, épuiser puis ruiner son universalité. L’apologue est d’apparence
persuasif. Mais FAUX et inapproprié.
D’abord
le Cardinal, comme à l’accoutumée écrit l’histoire à sa manière. Les vrais
historiens l’écrivent tout autrement :
« La civilisation khmère avait appris l'art
d'apprivoiser les déluges saisonniers de l'Asie du Sud-est, en stockant l'eau
dans d'immenses réservoirs (appelés baray) pour éviter les inondations et la
restituer en période de sécheresse. Mais elle perdit le contrôle de l'eau, la
plus vitale des ressources, entraînant ainsi son déclin. Des sécheresses
sévères et prolongées, ponctuées par des pluies torrentielles, auraient anéanti
le système hydraulique.
Le pouvoir se déplaça vers Phnom Penh, au XVIe siècle, après une période de moussons irrégulières. Le recul du concept de dieu-roi conduisit aussi à un affaiblissement de l’autorité du souverain et à un manque de travailleurs prêts à se dévouer pour sa cause. L’entretien du système hydraulique s’étiola alors et les récoltes furent semble-t-il contrariées par les inondations et les sècheresses. Ces problèmes sont très certainement une des principales cause du déclin de l’empire, alors que du temps de sa splendeur, les trois récoltes annuelles ont largement contribué à sa prospérité et à sa puissance. »(Wikipedia)
Le pouvoir se déplaça vers Phnom Penh, au XVIe siècle, après une période de moussons irrégulières. Le recul du concept de dieu-roi conduisit aussi à un affaiblissement de l’autorité du souverain et à un manque de travailleurs prêts à se dévouer pour sa cause. L’entretien du système hydraulique s’étiola alors et les récoltes furent semble-t-il contrariées par les inondations et les sècheresses. Ces problèmes sont très certainement une des principales cause du déclin de l’empire, alors que du temps de sa splendeur, les trois récoltes annuelles ont largement contribué à sa prospérité et à sa puissance. »(Wikipedia)
Bernard Philippe
Groslier, « La cité hydraulique
angkorienne : exploitation ou surexploitation du sol ? », dans Bulletin de l'École française
d'Extrême-Orient, no 66, 1979.
A l’inverse des historiens vrais, le Cardinal ne part pas des faits pour en induire une
explication, il ordonne les faits suivant ses préjugés. Et nous raconte donc
une histoire imaginaire qui ne
correspond jamais avec les évènements réels. L’exemple de l’empire Khmer ne
sera pas unique dans ce deuxième livre.
Eût elle été exacte, la narration de la fin de la capitale
Angkor par faute d’une hypercentralisation, n’eût pas, de toute manière, été
instructive pour l’histoire de l’Église.
En effet, voici un royaume d’Asie qui nait, croît et meurt
en l’espace de six (6) siècles. Rien de bien original dans l’histoire du
monde ! Des dizaines d’empires et de royaumes et d’états et de nations
connurent tour à tour vie, décadence puis anéantissement, parfois en une durée
plus brève encore (l’empire d’Alexandre ne dura que ± 13 ans !). Cela ne nous montre que la vanité des empires terrestres. Ils
peuvent certes mourir de centralisation, mais aussi d’invasions, de langueur
politique, de métissages abusifs (comme la Rome Impériale barbarisée), de perte
d’identité géographique, d’excès d’impopularité…Mais ils meurent tous car sic transit gloria mundi (« Ainsi passe
la gloire du monde »)[40]
Or, à fondements historiques faux, conséquences doctrinales abusives.
Bien sûr, rien de tel pour l’Église dont la raison d’être, l’essence,
l’origine et la mission sont hors de portée des principes périssables des
nations. 2000 ans d’existence,
avec ses imperfections et ses tribulations n’ont jamais réussi à la ruiner, pas
même à l’ébranler.
Le Cardinal s’est il
posé la question –à supposer même que son analyse historique fût correcte- :
pourquoi 600 ans suffirent à épuiser
l’empire Khmer, et moins de temps encore bien d’autres institutions, quand 2000 ans ( !) de prétendu centralisme
excessif ne sont toujours pas venus à bout de l’Église catholique. Aurait il
oublié, lui l’historien, la réponse
du Cardinal Consalvi à Napoléon lors des orageuses négociations du
concordat ? Comme Mgr Consalvi tenait tête courageusement à l’irascible
empereur celui-ci s’emportant lui dit : « votre Eglise je
la détruirai! – Non, vous ne la détruirez pas, répondit le Cardinal. »
Agacé Napoléon lui rétorqua, du haut de son 1,60 mètre : « Mais si que je la détruirai votre
Eglise ! – Vous n’y arriverez pas, Sire! Si de mauvais papes, des prêtres immoraux et des millions de pécheurs
dans l’Eglise n’y sont pas arrivés, comment pensez-vous y arriver ? »[41].
« L’Eglise ne découle pas de la volonté
humaine, de la réflexion, de l’habileté de l’homme et de sa capacité
d’organisation, parce que si tel était
le cas, elle se serait éteinte depuis longtemps déjà, ainsi que passe toute
chose humaine. Elle est, au
contraire, le Corps du Christ, animée par l’Esprit Saint… L’Eglise est
catholique depuis le premier instant. Benoît XVI messe de la Pentecôte 12 juin
2011
C’est que l’Église est garantie de toute atteinte
mortelle, quel qu’en soit le genre et l’intensité, par une promesse souveraine
infinie dont l’exercice s’accompagne d’une assistance constante, prévenante et
efficace car substantielle à son être même.
Pour avoir oublié ou occulté délibérément et
opiniâtrement ce caractère constitutif, Le Gendre et son interlocuteur masqué ne
peuvent plus rien comprendre à la vraie
nature de notre Église dont ils ne perçoivent plus les richesses de grâce ne
considérant que son enveloppe humaine institutionnelle. La façade corporelle fragile leur dérobe la vue
de son âme divine sublime et de son corps mystique
animé par le Verbe Éternel. Ils sont aveugles et veulent nous
conduire !
Je leur prédis sans crainte d’erreur de fortes
déconvenues et l’échec certain de leurs projets : on ne réforme pas
l’Église en la critiquant. On la réforme en l’adorant, en tant que dessein
incarné de Dieu, pour le salut du monde.
« Nous
ne sortirons de la crise de l’Eglise que par voie d’autorité et de sainteté …. Toutes
les crises de l’Eglise ont toujours été l’occasion de, et résolues par, une
floraison de saints. Commençons par nous réformer, par être saints, et alors la
crise de l’Eglise ne sera plus qu’un mauvais souvenir! » Vini Ganimara(10 08 2011) Rédacteur en chef
du journal
Dérisoire réforme.
On pouvait s’attendre, à la lecture des formules radicales
et subversives que nous venons de parcourir, extrémistes et irrecevables pour
un chrétien, à un programme de prodigieuses réformes pour transformer les
institutions ecclésiales et surmonter les vices supposés de la « richesse », « du
pouvoir »& du « centralisme »
catholiques.
Mais la montagne
accouche d’une souris.[43] Vous attendiez selon le
Menu gourmand un "Emincé de suprême de porc sur son lit de
verdure" et l’on vous sert dans l’assiette une vulgaire et fine tranche de
pâté industriel accompagnée d'une feuille de salade flétrie.
La grande révolution cardinalice consiste en l’institution de
« conciles régionaux…cinq, un pour chaque continent (pages 64/65)…les conciles
régionaux ont trois avantages…rapprocher du terrain les instances de réflexion
et de gouvernement pour être plus en
phase avec ce qui se vit réellement…le deuxième est que l’analyse des
conditions de vie de la société et de l’Église sera plus précise : on n’est pas chrétien de la même manière en Europe
et en Afrique par exemple…La troisième raison est qu’on allège le poids qui,
inévitablement, repose sur un gouvernement très centralisé et particulièrement sur une seule personne… » (pages66/67). « Les conciles
régionaux seraient suivis d’une réunion
à Rome des délégués de chaque concile régional…qui permettrait au
pape d’agir comme Primus inter pares, le
premier parmi ses pairs. » (Page 67).
Ce qui nous est proposé s’appelle la décentralisation débouchant
sur le régime d’assemblée afin de
ligoter le Pape dans un système ou le pouvoir résiderait dans un SÉNAT où le
Pontife ne serait plus Souverain. Examinons
de plus près les pièces de cet assemblage :
La Décentralisation par conciles régionaux est elle nouvelle, originale, efficace (allégeant
les structures, se rapprochant du terrain) ?
Elle n’est pas nouvelle :
les conciles régionaux existent depuis la plus haute antiquité dans l’Église
qui n’a pas attendu le 21 ème siècle
pour inventer un procédé largement répandu dès le 2ème siècle où l’on connait dès 197 ou 198 le concile d’Éphèse avec tous les
évêques d’Asie Mineure ; après cette date les conciles régionaux se
produiront en nombre incalculable ( pour le IIIème siècle uniquement
nous décomptons 35 conciles régionaux). J’invite les lecteurs à se reporter au
« Dictionnaire des Conciles » Tome
deuxième de M. l’abbé Migne pour consulter à partir de la colonne 1341 la
liste interminable des conciles régionaux (uniquement pour les dix premières années du XVIIème
siècle, environ 75 conciles régionaux !). Certes
depuis le XIXème la pratique a décliné. Par centralisme
romain ? Ou plutôt parce que le progrès des communications, la facilité
accrue des déplacements, la nécessité de renforcer la cohésion face à un monde hostile, anticlérical, ont rendu moins
nécessaire la régionalisation conciliaire et justifié au contraire le
raffermissement de la Chaire de Vérité et d’Unité ?
« Il
est manifeste que ce qui par soi est un,
peut mieux réaliser l’unité que ce
qui est multiple. Une certaine union
est requise d’un groupe de gouvernants pour qu’ils puissent gouverner en
quelque mesure tout comme plusieurs matelots ne tireraient pas le navire dans
une même direction s’ils n’étaient unis
en quelque manière. Or, plusieurs choses sont dites être unies en ce
qu’elles se rapprochent de ce qui est un. Un seul donc gouverne mieux que
plusieurs, ceux-ci ne faisant que s’approcher de ce qui est un. » De regno
SAINT THOMAS d’AQUIN, Docteur de l'Eglise
L’idée des conciles régionaux est-elle originale ? L’auteur semble oublier l’institution des Conférences épiscopales nationales en 1965 qui succèdent d’ailleurs aux « assemblées de Cardinaux et archevêques » crées en 1919.
Le décret Christus Dominus du 28 octobre 1965
signé de Paul VI indique : « Une conférence épiscopale est en quelque sorte une
assemblée dans laquelle les prélats d'une nation ou d'un territoire exercent
conjointement leur charge pastorale en vue de promouvoir davantage le bien que
l'Église offre aux hommes, en particulier par des formes et des méthodes
d'apostolat convenablement adaptées aux circonstances présentes.» Le 27 juillet 1998, par le motu proprio « Apostolos suos», le pape Jean-Paul II en définit la
nature théologique et juridique en leur précisant leur place spécifique dans le
collège épiscopal, une place de coordination des fonctions pastorales qui ne
peut se substituer à la responsabilité de l'évêque dans la communion de
l'Église.
Par leur réunion régulière et par la représentation au
niveau national, l’Église s’est donc déjà dotée de l’instrument adéquat de
décentralisation auquel des conciles régionaux n’ajouteraient RIEN.[44]
Cette décentralisation est-elle efficace ? N’a-t-elle pas ajouté
une structure nouvelle à une structure existante ? Certains se
sont plaints d’une dictature des bureaux créés
par les Conférences épiscopales nationales, bureaux opaques, dénués de
responsabilité claire, anonymes et
structurellement expansifs. La décentralisation est aussi créatrice de
ses propres curies nationales qui s’ajoutent parfois aux inconvénients d’une
curie centrale[45].
Si l’on veut un contrexemple éloquent de
décentralisation manquée et du risque qui en découle, il suffit de regarder l’état de l’Église
Orthodoxe aujourd’hui avec ses épiscopats exclusivement et jalousement nationaux,
sans liens ni communion avec les églises voisines qui se veulent pourtant unies
par la même foi orthodoxe.
Découplée et séparée du Siège de Pierre, l’Église
orthodoxe qui a toujours proclamé la doctrine conciliariste selon laquelle le
concile est supérieur au Pape[46], n’a plus jamais depuis la rupture de 1054 avec Rome,
réussi à réunir ni concile régional, ni à plus forte raison un concile
universel. Tant il est vrai qu’il ne PEUT y avoir de Concile si ce n’est
convoqué et PRÉSIDÉ par le Pape ou son Légat. Conciliariste, sans le Pape,
l’Orthodoxie est privée de conciles, frappée d’impuissance dans le cœur même de
sa structure. Telle est sa malédiction, outre sa désunion interne en
nationalités irréductibles. C’est la raison pour laquelle l’orthodoxie demeure figée dans sa doctrine depuis des
siècles, par incapacité à faire fonctionner un organe doctrinal légitime qui soit autorisé à procéder à
un sain développement du dogme dans la continuité du donné révélé[47]. En rejetant le Pape comme principe d’autorité et
d’unité, l’Orthodoxie s’est livrée au pouvoir des Césars profanes et a chu dans
la sujétion des états, victime de leur arbitraire, de leur dispersion et de
leur caprice. « Si vous voulez
savoir de quoi vous êtes les esclaves, cherchez d’abord à savoir de QUI vous
avez refusé d’être les serviteurs. » (Gustave Thibon, écrivain,
philosophe catholique).
Utiles, peut être, les conciles régionaux ne sont ni novateurs,
ni outil panacée d’une réforme de l’Église ; en cela le cardinal nous
propose un faux remède, par détournement
de l’histoire, une nouvelle fois. Les moteurs de réforme dans
l’Église : la sainteté et le Siège Apostolique. Toute autre méthode, expérimentée par les
hérésiarques depuis le XVIème siècle a démontré sa fatuité et sa
nuisance.
Une bordée
d’erreurs :
Le 30juin 1962 le Saint Office, renommé depuis
« Congrégation pour la Doctrine de la FOI », publiait un Monitum (ou Avertissement) afin de mettre en garde contre les doctrines du Père
Teilhard de Chardin[48]. L’avertissement notait que l’œuvre de ce Père « fourmillait » d’erreurs
graves.
Le même terme,
si illustratif, s’applique semblablement à d’innombrables formules de
« l’Espérance du Cardinal », formules ou assertions dépréciatives,
parfois réductrices, souvent destinées à discréditer et déconsidérer des idées,
des rites, des pratiques de l’Église jugées –abusivement- désuètes, ridicules
voire coupables. Le tout accompagné de supposées justifications historiques
dont on appréciera la fragile pertinence. Car comme toujours, nos compères
(Cardinal et auteur, associés) se veulent historiens pour soutenir leurs
analyses, mais d’une histoire à leur manière, gauchie et forcée, et même
imaginée.
C’est donc un florilège de thèmes que nous allons
aborder pour les remettre d’aplomb, dans la perspective du sensum fidei, de la communion ecclésiale catholique, sans hiatus ni rupture selon la fidélité qui faisait répéter
à Sainte Thérèse d’Avila sur son lit de mort cette phrase
magnifique : « Je suis fille de l’Église ».
Collégialité :
« Les évêques partagent la
collégialité avec le pape » page 140
« Les conciles
régionaux seraient suivis d’une réunion
à Rome des délégués de chaque concile régional…qui permettrait au
pape d’agir comme Primus inter pares, le
premier parmi ses pairs. » (Page 67).
Voici
que resurgit la vieille erreur rabâchée, partagée par tous les insurgés contre
l’autorité pontificale sur laquelle Jésus Christ fonda l’Église ; elle se heurte à l’invincible et inexpugnable
promesse divine faite à Pierre et ses successeurs « Tu es Petrus, et
super hanc petram aedificabo ecclesiam meam …. » (Mat.
16:18s)[49].
Dès avant Luther lui-même, vers la fin du grand schisme d’occident, on tenta
d’imposer au Pape l’autorité suprême du concile, en spéculant sur le
délabrement de la Papauté dû à la présence d’antipapes. Ainsi le concile de
Constance proclamait : « Ce synode,
légitimement assemblé au nom du Saint-Esprit, formant un concile général
représentant l’Église catholique militante, tient immédiatement de Jésus-Christ son pouvoir, auquel
toute personne de tout état, de toute dignité, même papale, est tenue d’obéir, en ce qui regarde l’extinction et
l’extirpation du dit schisme » (Concile de Constance, 4e
session, 30 mars 1414).
Doctrine téméraire, orgueilleuse, nouvelle –ce qui suffit à la disqualifier- qui n’eut aucun
lendemain et fut condamnée par Pie II (Bulle
Execrabilis 18 janvier 1460) pourtant Pape très humaniste, lettré, brillant[50], dirions nous aujourd’hui
moderne ? Doctrine qui produisit
des décennies de désordre, de désorientation, de fermentation funeste et qui
prépara le terrain de la révolte anticatholique du XVIème siècle
libertin et Réformé.
Luther aussi prétendra appeler du concile contre le Pape
(« le papâne » comme il l’appelait avec son langage habituel si
ordurier) ; mais quand le Pape convoquera ce concile Luther le refusera
(preuve qu’il n’était point ignorant de l’assistance divine promise à son
Église). Ce sera le grand Concile de Trente avec son œuvre doctrinale et
disciplinaire immense.
Le Gendre qui invoque si souvent dans son livre « l’esprit du concile »
Vatican II ferait mieux de relire les
textes de ce Concile car « l’esprit » n’est ici qu’une vapeur flottante, docile à toutes les
subjectivités, protéiforme et surtout sans consistance solide, soumise au seul
esprit des temps rebelle à l’Esprit de
vérité. Mais si l’on sollicite « l’esprit » pour lui faire dire ce
que chacun entend, au gré de ses obsessions ou fantaisies, il est moins aisé de détourner les textes
dont le sens obvie s’impose à la raison. « L’esprit » peut être un
démon bavard, mouvant et multiforme, affranchi des liens de la formule rédigée,
contraignante. Le Concile est dans ses textes, non dans son contexte ; de
celui là rien ne restera dans quelques décennies, quand ceux-ci demeureront
inchangés, compris selon l’interprétation autorisée de la Tradition du
Magistère.
« Ce qui est
écrit, est écrit » (St Jean 19 :22).
« Vous serez
probablement la première génération qui pourra interpréter correctement le
deuxième Concile du Vatican, non pas selon “l’esprit” du Concile
qui a apporté tant de désorientation dans l’Église, mais selon ce que
l’événement conciliaire a vraiment dit à l’Église et au monde dans ses
textes.
Il n’y a pas un Vatican
II qui serait différent de celui qui a produit les textes que nous possédons aujourd’hui ! C’est dans ces textes que nous trouverons
la volonté de Dieu pour Son Église et c’est à eux que nous devons nous référer ainsi qu’aux deux mille ans de Tradition et de vie chrétiennes.
La réforme est toujours
nécessaire pour l’Église, car la conversion de ses membres, pauvres pécheurs,
est toujours nécessaire ! Mais il n’existe pas et il ne peut pas exister
un Église préconciliaire et une Église postconciliaire ! Sil en était
ainsi, la seconde, la nôtre, serait historiquement et théologiquement illégitime !
»
Cardinal Mauro
Piacenza Préfet de la Congrégation pour le clergé discours aux
séminaristes de Los Angeles 5 oct.2011.
Examinons donc ce qu’a dit Vatican II de la doctrine
conciliaire qui se confond ici avec le principe de la collégialité[51] auquel notre auteur, on l’a compris, accorde les plus hautes
autorités.
Coupons cours en premier lieu à une tenace et infondée lecture
inattentive des textes conciliaires sur ce thème : il n’y a dans AUCUN TEXTE du concile Vatican II le mot « COLLÉGIALITÉ ». Ce concept en tant que doctrine de l’Église est inexistant.
En revanche figure bien le terme de « collège »
pour désigner l’ensemble de droit divin formé par l’union des évêques avec le Pape. Le mot
« collège » est d’ailleurs conforme à la théologie la plus
traditionnelle pour désigner la totalité des Apôtres avec Pierre à leur tête.
Afin de parer précisément tout risque d’interprétation conciliariste et
d’éloigner une illégitime prétention à construire à côté du pouvoir suprême[52] et plénier[53] du Souverain Pontife un supposé pouvoir de
l’ensemble des évêques SANS le Pape,
Paul VI a veillé à introduire dans la Constitution sur l’Église Lumen Gentium une Nota Prævia explicative dont la clarté est sans défaut. Lisons ici
un fragment sans ambigüité :
« En tout cela il apparaît donc qu’il s’agit d’une union
étroite des évêques avec leur chef et jamais d’une action des évêques indépendamment du pape. Dans
ce cas, quand l’action du chef fait
défaut, les évêques ne peuvent pas agir en tant que collège, ainsi
qu’il ressort de la notion de « collège ».
Le Pape, usant de son devoir d’éclairer la doctrine à l’usage des
fidèles, conformément au pouvoir conféré par le Christ de confirmer ses frères
dans la foi, a jugé nécessaire, sans attendre la fin du concile d’écarter une
interprétation défectueuse du Chapitre III de Lumen Gentium dans le sens conciliariste. Il a ordonné que la Nota Prævia
figure toujours et partout dans
TOUTES les éditions de la Constitution. Il avait donc vu l’usage abusif et
délictueux, mais possible, que certains pourraient tirer de ce chapitre (CHAPITRE III :
La constitution hiérarchique et l’épiscopat), par une dérive que l’on pourrait appeler démocratique. Déviation destinée à opposer un contre pouvoir au pouvoir de Vicaire du Christ donné par le Rédempteur au SEUL successeur de Pierre. Un barrage infranchissable a donc été dressé dès le début contre les détournements qui contrarient la plus antique et puissante tradition catholique de l’autorité –sans partage ni division- du Siège de Pierre. Dès lors affirmer : « Les évêques partagent la collégialité avec le pape » (page 140) est se dresser dans la contradiction à la doctrine catholique la plus certaine, la plus antique, la plus sacrée et la plus nécessaire à la permanence de l’Église, c’est se faire Orthodoxe dans l’Église Catholique. C’est aussi présenter une opinion personnelle comme établie, avec une audace téméraire, à l’encontre de l’évidence doctrinale reçue de Jésus Christ en Personne et tenue toujours, partout & par tous dans l’Église. Opinion, source de toutes les hérésies.
La constitution hiérarchique et l’épiscopat), par une dérive que l’on pourrait appeler démocratique. Déviation destinée à opposer un contre pouvoir au pouvoir de Vicaire du Christ donné par le Rédempteur au SEUL successeur de Pierre. Un barrage infranchissable a donc été dressé dès le début contre les détournements qui contrarient la plus antique et puissante tradition catholique de l’autorité –sans partage ni division- du Siège de Pierre. Dès lors affirmer : « Les évêques partagent la collégialité avec le pape » (page 140) est se dresser dans la contradiction à la doctrine catholique la plus certaine, la plus antique, la plus sacrée et la plus nécessaire à la permanence de l’Église, c’est se faire Orthodoxe dans l’Église Catholique. C’est aussi présenter une opinion personnelle comme établie, avec une audace téméraire, à l’encontre de l’évidence doctrinale reçue de Jésus Christ en Personne et tenue toujours, partout & par tous dans l’Église. Opinion, source de toutes les hérésies.
Décidément, «L’Église
possède beaucoup d’ennemis parmi ses enfants, et beaucoup d’enfants parmi ses
ennemis » St Augustin.
À l’Associated
Press le 6 septembre, sur les
catholiques qui font, défendent ou disent le contraire de ce qu’enseigne
l’Église, Mgr Charles Chaput, archevêque de Philadelphie (Pennsylvanie),
répond :
« S’ils ne croient pas
en ce que l’Église enseigne, c’est qu’ils ne sont pas de vrais
catholiques ».
L’Église, sa nature :
« M’est avis que c’est tout un de Jésus Christ et
de l’Église »Ste
Jeanne d’Arc à ses juges.
La question, qui est toujours posée dans les mauvais termes est « qu’est-ce que l’Église ? » ; énoncée de la sorte, la réponse est invariablement erronée. En effet la seule question convenable est, ici, « QUI EST L’ÉGLISE ? ».
Si l’on se souvient de la question terrible que le Christ monté aux
cieux pose au futur Saint Paul sur le chemin de Damas : « Saul, Saul, pourquoi
me persécutes-tu? » on comprend tout de la nature de l’Église qui se confond avec une Personne. Car, ne l’oublions pas, Saul n’a JAMAIS persécuté Jésus lui-même en personne mais il s’est férocement acharné contre l’Église naissante. En assumant pour lui-même la persécution endurée par son Église, Jésus nous livre infailliblement la définition, principe de toutes les autres : IL EST L’ÉGLISE qui ne fait qu’un avec lui.
me persécutes-tu? » on comprend tout de la nature de l’Église qui se confond avec une Personne. Car, ne l’oublions pas, Saul n’a JAMAIS persécuté Jésus lui-même en personne mais il s’est férocement acharné contre l’Église naissante. En assumant pour lui-même la persécution endurée par son Église, Jésus nous livre infailliblement la définition, principe de toutes les autres : IL EST L’ÉGLISE qui ne fait qu’un avec lui.
Conséquemment,
réduire l’Église comme le fait O. Le Gendre au seul « peuple de
Dieu » à « la communauté des
croyants comme étant le sens authentique
du terme église » (page 101) c’est lui faire subir une mutilation où se
dissipe sa vraie nature. L’Église est d’une essence riche, dense, multiple et
simple à la fois -comme Dieu dans son Être- ;
elle ne peut être restreinte ni amoindrie par l’exergue d’un seul des ses aspects,
certes réel mais partiel. Et chez Le Gendre, partial, choisi pour nier les autres caractères pourtant aussi
nécessaires et constitutifs : caractères Divin, hiérarchique, mystique,
sacré, intemporel…
Dans
son maître ouvrage « L’Église du Verbe Incarné : Essai de théologie
spéculative », le Cardinal Charles Journet[54]
nous introduit dans l’ample multiplicité de l’Église en tentant d’énumérer tous
les traits, tous les NOMS qui en
définissent la riche nature, inépuisable et débordante des grâces du saint
Esprit :
« Définie
en fonction de ses Causes incréées, le Christ, l’Esprit saint, Dieu,
l’Église est donc le Corps du Christ,
l’Épouse du Christ, le troupeau des brebis du Christ, l’Évangile continué, le
lieu de l’habitation de l’Esprit saint et de la sainte Trinité ; la maison, le
tabernacle, la cité, le peuple, le royaume de Dieu.
Définie en fonction de ses
éléments créés, l’Église est la
communauté rassemblée en Dieu par le Christ: au ciel dans la gloire (l’Église
triomphante), auparavant par la foi et la charité qui progressent dans le monde
(Église militante) et achèvent de se purifier en purgatoire (Église souffrante).
Plus brièvement, l’Église est la communion des saints.
Les premières définitions,
plus hautes, plus scripturaires, plus divines, ont besoin d’être précisées par
les secondes, plus proportionnées à la complexité de notre condition humaine. »
Il
n’y a pas seulement dans cette sublime définition une différence de degré, mais de nature, avec la vision
rabougrie, avilissante, naturaliste, fausse par omission et torsion donnée par
notre auteur. Le drame du Cardinal et
de son interlocuteur est toujours l’aplatissement des notions les plus hautes
pour nous en livrer une image racornie, tassée, difforme, une image terrestre
de réalités célestes.
De monstrueuses expressions, dévastatrices, dénuées de
spiritualité et d’Espérance, preuve du caractère perfide du titre du livre,
jalonnent tout le texte : « aveuglement
qui se répand dans les couloirs du Palais apostolique » (p. 37),
« le fonctionnement de l’Église
l’empêche de porter de manière crédible son message » (p.38), « certains[55]dans notre Église ont fermé, ferment et risquent de
continuer de fermer les portes qui mènent au Royaume.[56] »(p.71) ? « Hiérarchie composée d’hommes célibataires qui n’ont ni compétence, ni
expérience, ni légitimité pour statuer avec aussi peu de nuances dans cette
affaire (de la contraception) » (p. 101).
J’ai traité l’opposition à la doctrine de
l’Église sur la contraception dans la Première Réfutation. Ici on rajoute les
traits venimeux, rituellement remâchés et FAUX,
de l’impossibilité pour des célibataires,
hommes, incompétents, inexpérimentés & illégitimes de statuer
sur ce sujet. Il y a là encore une double erreur intellectuelle de
perception :
C’est délibérément occulter, que dans l’ordre naturel,
l’universalité et l’efficacité spéculative & opérative de la raison humaine
bien exercée en tant qu’instrument de
jugement l’autorise à examiner et conclure sur tous les sujets d’ordre naturel. Ce pauvre argument qui abuse souvent
par sa fausse évidence revient en somme à dire que tout homme ne peut
valablement parler que de lui-même puisque tous les autres sujets de
réflexion lui sont par définition extérieurs, étrangers, donc inconnus et
impénétrables! L’homme
n’étant ni un minéral, ni un végétal, ni
un animal doit-on dès lors lui dénier le droit et la légitimité de
disserter valablement sur ces sujets hétérogènes à sa condition
humaine et d’y intervenir sûrement
? Son Intelligence, outil divin de connaissance propre à tout homme, ne lui
permet elle pas d’embrasser et d’expliquer bien des mystères du lointain cosmos ? Sans JAMAIS
avoir vu un seul atome,
l’homme ne l’a-t-il pas domestiqué ?
Ce doute sur la capacité intellectuelle de
l’homme en tant qu’être raisonnable d’exercer valablement son entendement sur
toutes sortes de sujets révèle que les détracteurs de l’Église sont aussi des négateurs de l’homme. Tant il
est vrai que douter de l’une c’est aussi se défier de l’autre. La Foi et
l’Intelligence sont toujours
fraternellement liées, ruiner l’une c’est dévaster l’autre : « Fides quaerens intellectum » Saint
Anselme de Cantorbéry.
C’est aussi omettre que, dans l’ordre surnaturel,
les hommes d’Église (catholique) sont assurés de l’assistance constante, certaine et sans faille du saint Esprit pour
les sujets touchant à la morale et à la Foi : « et voici que je suis
avec vous, tous les jours, jusqu’à
la fin du monde » (St Matthieu 28 :20). C’est ainsi que, raisonnant
au-delà des passions déréglées, inspirés par le Créateur de l’Univers visible
et invisible qui a fait les lois de la vie et assurés par assistance de la
Vérité dans la Charité, les hommes célibataires (prémunis ainsi du
risque de jugement captif), inexpérimentés mais non sans Lumière, compétents par Mission, légitimes par Ordre, sont les mieux habilités à intervenir dans la
défense et la promotion de la Vie, qui n’est autre que Jésus en
personne(« JE SUIS la voie, la vérité, la vie »St Jean 14 :6).
Du reste, O. Le Gendre, laïc, incompétent,
inexpérimenté et sans légitimité cesse-t-il pour autant de jacasser contre
Rome ? Laïc, il veut juger les pouvoirs du sacerdoce mais il refuse au
sacerdoce de juger les laïcs. Telle est, toujours, la contradiction terrible des faux prophètes[57].
Poursuivons avec les déclarations déplorables :
« …Ce que j’avais
longtemps réussi à me cacher : j’avais mal à mon Église » (p.131)
« Ne plus se préoccuper
de ce fonctionnement irréformable (de
l’Église) et incarner le message en
dehors de lui ? » (p.150).
On touche ici du doigt la vaine tentation
rampante des deux compères d’accord aussi sur ce point : sortir du
cadre institutionnel de l’Église
qu’ils accusent de « masquer le
message » et « abandonner le terrain » (p.151) pour un ailleurs indéfini, idéal, inexprimé
et mythique. Autant dire quitter la caravane pour le mirage. La plus
expéditive façon de mourir de soif dans le désert.
Tentation de TOUS LES RÉFORMATEURS DE TOUS LES
TEMPS DE « RETROUVER »
L’ÉVANGILE HORS DE L’ÉGLISE institutionnelle. Mais il n’y a pas et
il n’y aura JAMAIS d’Évangile HORS de l’Église ; en premier lieu parce
que c’est l’Église qui nous a donné l’Évangile et qui préexistait
avant sa rédaction, il n’y aurait donc pas eu de Nouveau Testament s’il n’y
avait pas eu d’Église, si celle-ci avait sombré après l’ascension du
Sauveur. Ensuite parce que Celle qui nous a légué les Écritures Nouvelles
est seule en mesure de les transmettre
fidèlement interprétées puisqu’elle les a écrites. Hors de leur compréhension véridique les Écritures ne
sont sources que de divisions infinies, de confusions doctrinales, de
dogmatismes opposés ; les sectes protestantes, fractionnées,
dispersées, désunies, sans la garantie d’inerrance et d’unité cohérente
d’exégèse de l’Église en fournissent
un contre-exemple éloquent. Enfin parce que Dieu l’a voulu ainsi et que
faire la volonté de Dieu est une exigence que nous proclamons –en sommes
nous vraiment conscients ?-
chaque fois que nous prononçons la prière Dominicale (la prière du
Seigneur : Dominus noster). Soyons-en persuadés à l’encontre de tous
les Réformateurs, Le Fils de Dieu n’est pas venu nous donner un Livre, il
est venu fonder une Église qui sera son Corps mystique toujours INCARNÉ parmi nous, visible,
institution humaine dispensant la grâce invisible. Vouloir
distinguer l’Évangile et l’Église c’est séparer l’âme du corps.
Votre
Évangile ailleurs, est un
ailleurs de l’Évangile.
|
« Parfois on
croyait que l’institution se réduisait à la hiérarchie, et il n’y avait plus d’Église au sens vrai du terme » (p.187).
« Si posséder la
Vérité signifie pouvoir la dire tout entière dans le langage humain, alors il est certain que l’Église ne peut pas
prétendre à cette possession» (p.238).
Nous voici au cœur de la
négation de la mission du Rédempteur lui-même à qui l’on conteste :
1.
La promesse faite à
Pierre d’immortalité de l’Église en ce monde
2.
La capacité de
répandre la Vérité par son Église à qui il a confié cette mission ;
Dieu est donc en échec !
Absurdité ou impiété, nous
voici plongés dans le mystère d’une démarche qui fait naufrage dans la
démesure de ses propositions, ou dans le lancement d’un « ballon
d’essai » visant à accréditer la conception d’une Église au-delà des
églises. Une église les dépassant toutes, super église humaine au credo
minimal « la tendresse de Dieu », apte à recevoir tous les contenus élastiques
et pouvant enfin tenir la petite Vérité totale, comme le Panthéon
renfermait Tous les petits dieux.
C’est bien ce que les chrétiens de Rome refusèrent à l’empereur qui voulait
placer la statue du Christ parmi celles des dieux païens. Ils résistèrent
au relativisme religieux au nom de la Vérité Unique, incarnée, crucifiée et
ressuscitée. Ils sauvèrent le christianisme de la bouillie doctrinale
séduisante mais indécise et précaire.
« Les vues futuristes les plus audacieuses s’appuient sur le
passé le plus révolu, les révolutionnaires ont toujours un côté
conservateur »
Chesterton
On veut nous resservir un
ragoût religieux mondialiste qui n’est moderne que par la marmite. « A
un crochet peint sur un mur on ne
peut accrocher qu’une marmite peinte sur un mur. » (E. Gilson).
|
Des saints de néon :
Tous les clichés conformistes du
monde contemporain se succèdent, comme on doit s’y attendre quand on
« s’agenouille aux pieds du monde » ; ainsi les saints de
néon que sont les idoles factices et menteuses de notre temps, adulées avec
leurs fêtes laïques et chômées sont ils encensés par notre[58]
Cardinal. Nous avons donc droit au couplet de complaisance obligatoire pour
« Gandhi ou Martin Luther King qui
ont tenté ou tentent d’opérer une
révolution copernicienne, c'est-à-dire un renversement complet des attitudes au sein de croyances
différentes. »(Page 230).
Ces deux personnages sont, il est
vrai, devenu les références absolues de la religion mondialiste de
l’Homme. Elle se dote à bon compte de glorieux martyrs qui finirent assassinés
–parfois d’ailleurs dans de troubles circonstances- ce qui sans doute suffit à
les faire monter sur les autels du Panthéon universel. Mais quels sont donc
leurs mérites ?
Gandhi, protagoniste Non-violent de
l’Indépendance du sous continent Indien qui se traduisit par des violences
terribles entre Hindouistes et Musulmans, la partition du pays sur des critères religieux au prix de plus de
plus de douze millions de personnes
exilées et déplacées, un million de
morts, quatre guerres successives entre le Pakistan et l’Inde (produits de
la partition) ajoutant son lot de brutalité et de passions, la pomme de
discorde toujours présente avec le Cachemire et pour finir l’assassinat de
Gandhi par un des siens qui fut lui-même exécuté. Gandhi ou la non violence
utopique débouchant, comme toutes les utopies sur l’impétueux incendie
meurtrier.
Ajoutons que sur le plan personnel le « vertueux Gandhi » qui avait des
opinions racistes à l’égard des noirs sud africains durant son séjour dans ce pays, y vécut une
relation amoureuse homosexuelle de deux ans avec un architecte juif allemand
culturiste Hermann Kallenbach qui lui fit quitter sa femme à l’âge de 39 ans en
1908.[59]
Enfin, pour un ascète engagé par un
vœu d’abstinence, on appréciera sa pratique habituelle de coucher avec ses
petites-nièces nues, Manu et Abha, ainsi d’ailleurs que d’autres femmes. Le
ministre de l’état indien de Travancore l’appelait « le plus dangereux maniaque sexuel de semi-refoulement ». Il
dit un jour à sa petite nièce préférée Manu :
« Nous allons tous deux peut-être être tués par les musulmans", il lui dit,
"et on doit mettre notre pureté à l'ultime épreuve, afin que nous sachions
que nous offrons le plus pur des sacrifices, et nous devons maintenant commencer à dormir ensemble nus."
En vieillissant il avait plus de femmes autour de lui et les
obligeait à dormir avec lui alors que, selon les règles de ségrégation de l’ashram
où il vivait, il leur était interdit de
dormir avec leurs maris. Gandhi avait des femmes dans son lit, exerçant ses
«expériences» qui semblent avoir été, à la lecture de ses lettres, un exercice
de strip-tease ou autres sans contact ni activité sexuelle. Beaucoup de
documentation explicite a été détruite, mais d'alléchantes remarques dans les
lettres de Gandhi restent telles que: «...Vina Dort avec moi, on pourrait
appeler cela un accident. Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'elle a couché près
de moi". De ce fait il se plaignait de « rejets
involontaires » mais avait une croyance quasi magique dans le pouvoir
du « fluide vital » !
Quand il fut assassiné en Janvier 1948,
il était avec Manu et Abha à ses côtés. Gandhi avait écrit à son fils: «Je lui ai demandé d'écrire sur son partage
du lit avec moi», mais les protecteurs de son image étaient désireux
d'éliminer cet élément de la vie du grand leader. Devdas, le fils de Gandhi, accompagna Manu à
Delhi où il saisit l'occasion de
l'instruire de se tenir tranquille.
« En fait il était fou de sexe » écrit le biographe Jad Adams.
« En fait il était fou de sexe » écrit le biographe Jad Adams.
Gandhi non seulement échoua dans sa
vie publique, sa non-violence ayant débouché sur un chaos sanglant, mais ne fut
préservé du scandale de sa vie privée que par la nécessité pour ses partisans
de sauver sa réputation, en enfouissant ses frasques, après en avoir fait une
icône factice pour des besoins politiques. Les étoiles présentent toujours une
face cachée qui demeure masquée au grand public. C’est le grand et permanent
mensonge de ce monde.
Martin Luther King On accepte toujours mal qu’un héros soit un salaud sur le plan personnel, surtout quand il a été promu statue nationale aux USA, voit son buste dans le bureau présidentiel et fait l’objet d’un jour férié national depuis 1986. Si on rajoute les médailles d’honneur dont il est détenteur (posthume- les morts ont toutes les vertus-) on retient sa plume pour dépeindre le vrai personnage. Il le faut cependant, pour la vérité.
Médaille présidentielle de la liberté (par
Jimmy Carter, président battu), prix des droits de l’homme des Nations
Unies en 1978 (où siègent des
états esclavagistes de nos jours encore, des dictatures, les régimes
communistes et islamiques...), médaille d’or du Congrès US (soumis aux
lobbies les plus souterrains), la médaille des libertés américaines de
l’American Jewish Committee, le prix Margaret Sanger du Planning familial
d’Amérique en 1966 «pour sa courageuse résistance à la bigoterie ».
Consécration suprême il a sa statue sur la galerie des martyrs du XX°
siècle à l’abbaye de Westminster (les anglicans ne reculent devant aucune
galipette conformiste).
|
Dans des confidences que sa fille Caroline
vient de publier[60],
Jacqueline Kennedy épouse du Président qualifie Luther King de « faux
jeton ».Aux USA les langues se délient peu à peu : « les crimes échappent toujours par quelque
endroit » (Bossuet).
Voici la relation de Norman Lester
avec la citation de la documentation qui appuie son enquête :
« Martin Luther King, un pasteur
Baptiste, était un prédateur sexuel
compulsif aux mœurs scabreuses. Le côté sombre du personnage est un sujet
tabou aux États-Unis.
King, qui suit les traces de son père,
également pasteur baptiste, est un personnage
ignoble. Son premier discours à l'Église Batiste Ebenezer, en 1947, est le plagiat intégral d'un discours d'un
autre pasteur noir, Harry Emerson Fosdick. Le Wall Street Journal découvrira
plus tard que King a aussi plagié au
moins 50 phrases complètes dans sa thèse de doctorat en théologie à
l'Université de Boston. La commission constituée pour enquêter là-dessus
conclut qu'il a plagié 45% de la
première partie de sa thèse et 21% de la seconde. Même si le plagiat est
flagrant, l'université ne lui enlève pas sont titre de docteur. On craint la
réaction des Afro-américains. Un groupe d'universitaires, chargé par sa famille
de réunir ses œuvres pour publication, découvre que son fameux discours «I have a dream» est en partie plagié d'un discours
prononcé 11 ans plus tôt par le pasteur noir Archibald Carey.
Mais surtout, le pasteur King est un obsédé sexuel avec un besoin
insatiable de copulation. Les informations sur les mœurs dissolues de King ne
viennent pas de ses ennemis racistes, mais de
proches collaborateurs, d'universitaires et de journalistes noirs troublés
par son hypocrisie sans borne.
Dans sa biographie de 1989 And the Walls
Came Tumbling Down, le compagnon de lutte, confident et meilleur ami de King, le pasteur Ralph Abernathy, qui
était avec lui la nuit où il a été assassiné, raconte ses dernières heures.
Après avoir prononcé un discours en fin d'après-midi, King accompagne une femme
chez elle où il reste jusqu'à une heure du matin. En rentrant au motel où il
loge, il ramasse une prostituée. Comme elle ne veut pas « rester »
avec lui dans la chambre qu'il partage avec Abernathy, il loue une seconde
chambre où il l'amène. Une troisième femme, à qui il avait donné rendez-vous,
se présente entre-temps à la chambre où dort Abernarthy. Lorsqu'il y revient,
après une relation sexuelle avec sa prostituée, une violente dispute éclate
avec la femme qui l'attend. Il la frappe
si fort au visage qu'elle est projetée de l'autre côté du lit, rapporte
Abernathy. Ces révélations ont soulevé la colère et l'indignation de la
communauté noire américaine qui a ostracisé le pauvre Abernathy jusqu'à sa
mort.
Abernathy avait averti King qu'il était
imprudent d'avoir une vie sexuelle aussi dévergondée alors que le FBI l'avait
dans sa mire. Le 6 janvier 1964, Martin Luther est installé à l'hôtel Willard
de Washington. Sa suite est «sonorisée» par le FBI. Les magnétophones de la
police fédérale américaine vont enregistrer l'intégralité de l'orgie de plus de 12 heures qu'il préside.
Dans son livre, Abernathy révèle que le FBI a non seulement enregistré l'orgie
du Willard, mais l'a également filmée.
L'historien
des droits civiques Taylor Branch, qui a eu accès au
matériel du FBI, rapporte dans son Pillar of Fire: America in the King Years
que King, tout à coup durant l'orgie, lance
le blasphème «I'm fucking for God!» alors qu'il monte une prostituée
blanche.
Comme les autres femmes trahies et
humiliées de la politique américaine, Jackie Kennedy et Hillary Clinton,
Coretta King accepta son sort avec résignation et protégea toujours la mémoire
de son mari. Le 31 janvier 1977, elle obtint une ordonnance judiciaire plaçant sous scellé 845 pages de
documents du FBI concernant son mari jusqu'en 2027, parce que ces documents
pourraient détruire sa réputation. »
« La vérité est souvent cruelle.
Lorsqu'elle contredit la légende entourant un héros national, les peuples
aiment beaucoup mieux s'en tenir à la légende. »
Qu’ajouter ? Chaque fois que
Luther King mentionnera Jésus c’est pour l’associer avec ses propres références
humaines Socrate et Gandhi (qui se
ressemble…)[61].
Dans une lettre écrite de prison, il met toutes les religions au même
rang ; jamais il ne prêcha
Jésus crucifié, ses sermons
l’attestent. Les églises noires furent pour lui un moyen pour répandre un évangile purement social. Si l’on consulte
en ligne les écrits de Luther King numérisés (encore partiellement) par l’Université de Stanford on trouvera
assez de preuves qu’en réalité il
rejetait tous les fondements de la foi chrétienne.
Luther. Voila revenu de mode de revendiquer Luther parmi les géants de l’humanité à admirer ; sans doute parce que de ce grand révolté contre l’Église[62]
ne demeure que l’apparence d’un impétueux réformateur, briseur de sacré,
insoumis à l’autorité légitime, rebelle à son ordre religieux et qui bafoua ses
vœux. De quoi ravir les « indignés »
-comme on appelle de nos jours les conformistes de l’insurrection en dentelle,
celle qui ne coûte qu’un peu de frisson rebelle sans aller bien sûr jusqu’à transgresser les vrais citadelles idéologiques
de ce temps-. Le Gendre qui fait parler ici le cardinal écrit : « Luther, l’idéaliste,
eut un haut le cœur devant ces pratiques[63].
Ce fut l’étincelle qui déclencha sa révolte »[64] Page
204.
Luther idéaliste ! Décidément on nous
aura infligé jusqu’à l’insoutenable car si on peut tout dire de Luther on ne
saurait y voir même l’ombre d’un « idéaliste ». Qu’on en
juge d’abord par les jugements de ses proches et de fidèles protestants :
« Véritablement
Luther est fort vicieux; plût à Dieu qu'il eût pris soin de réprimer davantage
son incontinence! Plût à Dieu qu'il eût songé davantage à reconnaître ses
vices! »Calvin
« Luther est un pourceau qui grogne » Zwingli (Chef des réformés
de Zurich)
« En vérité nous sommes des gueux » Luther se jugeant lui même
« Je ne saurais croire que des hommes dont les mœurs sont si contraires à la doctrine du Christ, soient
guidés par l’esprit du Christ. Aujourd’hui nos évangélistes font de la
fureur, s’emparent par fraude du bien d’autrui[65],
excitent partout des troubles[66] et
médisent même de ceux dont la conduite est exemplaire. Je vois bien des
hypocrites et des tyrans, mais d’esprit évangélique, pas une étincelle »
& «Tout est outré dans cette Réforme : on arrache ce qu’il faudrait seulement épurer, on met le feu à la maison pour en consumer les
ordures. Les mœurs sont négligées ; le luxe, les débauches, les adultères
se multiplient plus que jamais ; il n’y a ni règle ni discipline…Quelle race évangélique est ceci ?
Jamais on ne vit rien de plus licencieux,
ni de plus séditieux tout ensemble, rien enfin de moins Évangélique que ces Évangéliques prétendus. » Erasme,
qui avait pourtant écrit « j’ai
pondu l’œuf, Luther l’a fait éclore » ; il le regrettait
bien ![67]
"Jamais peut-être le
monde ne vit dans un même siècle une collection de misérables et de scélérats
tels que LUTHER,
ZWINGLE, CALVIN, BEZE et les autres coryphées du parti réformateur.
Tous, de l'aveu même de leurs propres sectaires, étaient diffamés par les vices les plus honteux. Le seul point de doctrine sur lequel ils
s'accordassent entre eux était l'inutilité des
bonnes œuvres; et leur vie sert peut-être à démontrer combien ils
étaient conséquents dans l'application pratique de leurs principes." William Cobbett [68]("lettres sur l'histoire de la Réforme en Angleterre"
1829).
On
raconte qu’un célèbre littérateur allemand au XIX° siècle, Werner, abandonna le
luthérianisme pour le catholicisme (le petit fils de Luther en fit d’ailleurs
autant) ; un haut personnage protestant, lors d’un, dîner lui dit qu’il ne
pourrait jamais estimer un homme qui avait changé de religion. «Ni moi non plus, répliqua Werner ; et c’est précisément pour cela que j’ai
toujours méprisé Luther ».
Idéaliste Luther ? Mais il désespérait de son salut. Peu de temps avant sa mort, sa femme (ex
religieuse) lui montrait, un soir d'été,
les étoiles qui brillaient au
firmament : «
Vois donc, maître, lui disait-elle, combien
ce ciel est beau ! -- Il ne
brille pas pour nous, répondit sombrement
l'hérésiarque. -Est-ce, répliqua Catherine effrayée, parce que nous avons violé nos
vœux? - Peut-être, dit Luther. - S'il en était ainsi, il y faudrait
revenir. --- Il est trop tard ; le char est embourbé.» Et il coupa court à la conversation.
A Eisleben, la veille du jour où il fut disparut, il
disait à ses amis : « J'ai presque perdu le Christ dans ces
grandes vagues du désespoir où je suis
comme enseveli. » Et, après
une pause : « Moi qui ai donné le salut à tant d'autres, je ne puis me le donner à moi-même! »(Histoire
de la vie de Luther en trois tomes - M.Audin 1850).
Lorsqu’il dut consigner sa nouvelle foi en un symbole
qui rassemble sa doctrine et l’unifie il composa la fameuse Confession
d’Augsbourg en 28 articles en 1530; celle-ci remaniée par la suite
plusieurs fois ne put se maintenir dans son homogénéité d’origine si bien que
la doctrine luthérienne, flottante et contradictoire selon les dates ne put
persister inchangée. Que penser d’un fondateur qui varie dans sa pensée, Dieu
n’est il pas immuable et sa Révélation est
elle mouvante ? Bossuet eut beau jeu de dénoncer ces contradictions dans sa
grande « Histoire des variations des églises protestantes »[69].
Il y a au couvent dominicain Sainte
Marie sur Minerve à Rome une lettre de Luther à sa vieille mère. Celle-ci lui
demandait « si elle devait changer
de religion et adopter ses opinions nouvelles », Luther lui répondit
« NON, restez catholique ; car
je ne veux ni tromper ni trahir ma mère. » De même à sa mort, la mère
de Melanchthon le grand disciple et
ami de Luther demanda à son fils : « Je vais paraitre devant Dieu et je vous adjure de me dire sans rien me
cacher, dans quelle foi je dois mourir. »Melanchthon répondit : « Ma Mère, la doctrine protestante est
plus facile, la doctrine catholique est plus sûre ! ». Les enfants confessent toujours la vérité à
leur Mère.
« L’idéalisme » de
Luther culmine en diable –si je puis
dire- dans sa doctrine contre la Messe. On sait que contrairement à beaucoup de
confessions protestantes toutes nées de la faction luthérienne (calvinistes, Zwingliens,
sociniens, anabaptistes etc.) Luther
crut toujours à la présence réelle du Seigneur sous les espèces après la
consécration[70]mais il nia férocement le caractère de sacrifice propitiatoire de
la messe. Il y voyait un sacrilège qui diminuait la valeur unique du seul
sacrifice de la Croix. Cette doctrine, de qui venait-elle ? Quel
théologien inspira Luther dans cette théorie si nouvelle ? Il le révèle
lui-même – ce qui rend l’aveu incontestable- c’est le Démon en personne qui une nuit le convainquit du caractère
sacrilège de la messe [71] ! « Il m’arriva
une fois de m’éveiller en sursaut vers le milieu de la nuit : Satan était
là qui, sans tarder, ouvrit la discussion : « Écoute, me dit-il,
Luther, docteur savantissime. Tu sais que, durant quinze années, tu as célébré
des Messes privées ; que dirais-tu si ces Messes privées étaient une
horrible idolâtrie ? Que dirais-tu si le corps et le sang du Christ n’y
avaient pas été présents, et que tu n’eusses adoré, fait adorer aux autres que
du pain et du vin ? » (« Conférence entre Luther et le
diable au sujet de la Messe » Texte intégral : http://v.i.v.free.fr/spip/spip.php?article1244)
Après une longue
controverse, Luther fut convaincu et ne cessa plus de combattre la Sainte
Messe. Il avait cédé au théologien cornu et demeura donc toute sa vie dans la
plus extrême contradiction en croyant à
la présence réelle dans l’Eucharistie, mais en niant : le sacerdoce ministériel
consacré (qui seul peut produire la transsubstantiation) et la validité du
sacrifice de la messe (où se fait la consécration des espèces). Il s’était
enfermé dans une inextricable doctrine chuchotée par le Ténébreux.
« Qui
ne sera surpris de voir que Martin Luther,
homme de beaucoup d’esprit, avoue dans
la Relation de cette conférence, que c’est de l’Ange de ténèbres, auteur du
mensonge, et que tout Chrétien doit avoir en horreur, qu’il tient cette
Doctrine (contre la Messe) ?...
Je m’en rapporte aux plus zélés Protestants, ses disciples. N’est-ce pas un
excès condamnable dans Luther de s’être livré à
ses préventions et d’avoir abandonné le
sentiment unanime de l’Église Catholique, pour suivre aveuglément les
suggestions du Démon…Que les Protestants qui cherchent le vrai, qui ne
craignent rien tant que de se voir trompés, ne doivent-ils pas penser à la
lecture de cette pièce, reconnue et avouée pour être de Luther même ; pièce néanmoins qui fut un des motifs qui le fit passer du séjour
de la vérité dans celui de l’erreur ? Que ne diraient-ils pas contre nous, s’ils avaient un semblable
titre à nous opposer. » (Avant
propos de la Conférence de Luther réimprimée en opuscule par l’abbé Lenglet-Dufresnoy Paris 1715 in-12.)
Ajoutons à son idéalisme
les « Propos de table » (de Luther), objet d’innombrables
éditions où se manifestent ses penchants orduriers, scatologiques, charnels,
gloutons et voluptueux. Un ouragan de boue et d’obscénités ! Quant à son
antisémitisme légendaire, si contraire au sentiment et à la pratique catholique
et Romaine, il va jusqu’à demander « que fussent réduites en
cendres les synagogues avec leurs livres, et détruites les maisons appartenant
à des juifs ». Il proposait
de suivre les exemples français, puis espagnol et expulser les juifs du territoire allemand. Ayant d’ailleurs rappelé
entre autres “propos de table” : les juifs sont “le peuple du diable” “Von des Juden et ihren Lugen” (1542).
Et n’omettons pas le
scandale religieux que justifia Luther avec ses comparses protestants en légitimant la bigamie du Landgrave de
Hesse qui consulta Luther sur son double mariage. Le moine factieux publia une
note en 24 articles hérissée de subtilités, bourrée de citations bibliques;
après avoir représenté que l'introduction de la polygamie donnerait lieu à des
scandales affligeants, après avoir engagé le Landgrave à vivre dans la
chasteté, on finissait par dire : « Si votre altesse est complètement résolue à
épouser une seconde femme, nous jugeons
qu'elle doit le faire secrètement (quod si denique vestra celsiludo
omnino concluserit adhuc unam conjugem ducere, judicamus id secreto faciendum)..... C'est ainsi
que nous l'approuvons (sic hoc approbamus); car l'Evangile n'a ni révoqué, ni défendu
ce qui avait été permis d ans la loi de Moïse à l'égard du mariage et n'en a
point changé la police extérieure, mais il a ajouté la vie éternelle,
prescrivant la véritable obéissance aux ordres de Dieu et s'efforçant de
réparer la corruption de la nature. » Cette consultation était signée de
Luther, de Melanchthon, de Bucer... On ne peut douter qu'elle ne coûtât fort
aux réformateurs, mais ils sacrifièrent tout scrupule à l'urgence de ne pas
mécontenter un Prince qui était leur plus ferme appui.
Ils sacrifièrent leur Foi, et leur honneur, au caprice d’un Prince.
C’est ainsi que par une
méconnaissance des faits historiques[72]
on impose le portrait inexact d’un homme à l’inverse de l’idéalisme[73]
qu’on lui accorde. Car la vérité c’est que Luther, loin d’être idéaliste, était un pessimiste absolu, adversaire de toute rationalité humaine car pour
lui l’homme était vicié irrévocablement dans sa nature depuis le péché
d’origine. L’homme était donc privé de toute participation volontaire à son
salut, incapable de tout bien, même avec la grâce sanctifiante[74],ne
jouant AUCUN rôle ni par son consentement, ni par ses prières, ni par ses
œuvres à sa propre rédemption. D’où sa doctrine déplorable de la prédestination
aveugle, son antagonisme envers la raison : "La raison, c'est la plus grande
putain du diable ... qu'on devrait fouler aux pieds et détruire, elle et sa
sagesse. Jette-lui de l'ordure au visage pour la rendre laide. Elle est et doit
être noyée dans le baptême. Elle mériterait, l'abominable, qu'on la relègue
dans le plus dégoûtant lieu de la maison, aux chiottes" (Tome IV, p.
142).
D’où aussi sa vie de péché et de
désespoir puisque seul Dieu choisit ses élus sans leur coopération, la foi
SEULE suffisant [75] ; dès lors qu’importe le
péché : "Sois
pécheur et pèche fortement, mais confie-toi et réjouis-toi plus fortement
encore dans le Christ. (Lettre à J.Mélanchton).
Révolté, pessimiste foncier,
désespéré, on comprend la fin tragique de Luther, pendu à son lit après une
soirée trop arrosée :
« Voici donc ce qui
est arrivé : Luther se trouvant à Eisleben, au milieu des très illustres
seigneurs d'Allemagne, avait accordé à sa soif une trop généreuse
satisfaction. Pris de boisson, il en
était absolument appesanti, et nous l'avions mené coucher, et bien accommodé en
son lit… Le lendemain, arrivés près de notre
maître pour l'habiller comme de coutume, quelle n'est pas notre douleur, quand nous
apercevons Martin Luther pendu à son lit et misérablement » étranglé!
Cet horrible spectacle de pendaison nous
remplit d'effroi. Après un peu d'hésitation, nous courons chez les princes et les
compagnons de la veille, leur annoncer cette exécrable fin de Luther. Eux, non
moins affolés que nous, commencent
par nous faire promettre toutes sortes
de choses et porter de nombreux
témoignages : en premier lieu, il nous fallait tenir la chose sous silence, fidèlement,
constamment, afin que rien n'en transpirât; puis, remettre au lit le
cadavre souillé de Luther, mais dégagé
de sa corde; enfin, répandre dans le public qu'il était mort subitement.
Riches de larges promesses, nous allions tenir notre engagement, autant par
attachement et fidélité à la mémoire de
notre maître que sur la demande des
princes, n'eût été la force insurmontable
de la vérité pour nous pousser à faire autrement. La vérité peut bien
quelquefois être opprimée, quand le respect humain, la peur, ou l'espoir du lucre s'en mêlent, mais grâce
au sentiment de la religion ou au
remords de la conscience, cela ne
peut durer toujours. »...Récit de Ambroise
Kûntzell, familier de Luther et plus tard converti au catholicisme.
Concluons
sur Luther :
« À
une époque où l’on se plaît à exalter outre mesure la raison, la liberté, les
forces et la dignité de la nature humaine, c’est une chose étrange de voir glorifier un homme dont le système
doctrinal se réduisait à dire que le libre arbitre est une pure fiction ;
que l’homme est impuissant à s’élever vers Dieu par un acte quelconque de son
intelligence et de sa volonté ; que nos facultés intellectuelles et
morales n’ont pas été seulement affaiblies et viciées, mais totalement
anéanties par le péché originel ; que la nature humaine a été tellement
corrompue par ce fait qu’il n’y reste plus une étincelle de lumière, pas un
germe de bien, pas un atome de vertu, et qu’ainsi, au fond de chaque manifestation
vitale de l’homme, de ses pensées, de ses paroles, de ses actions, et pour
ainsi dire dans son souffle, il y le mal qui la souille et qui l’empeste, de
telle sorte que tout ce qui reste dans notre volonté est mauvais, et que tout
ce qui est dans notre entendement n’est qu’erreur et aveuglement… Une nation qui aurait
pris au pied de la lettre le pecca fortiter[76] pour le faire passer
dans la pratique serait arrivée depuis longtemps au dernier degré de
l’abrutissement.
Qu’ils en conviennent ou non, tout ce que les pays protestants ont su conserver
d’éléments chrétiens, ils le doivent à
l’Église catholique. ..La vérité est que c’est l’Église catholique qui a sauvé leurs
croyances d’une ruine complète, en plaçant la révélation divine sous la
sauvegarde du principe d’autorité. Sa doctrine est le fonds commun où puisent tous les
dissidents, alors même qu’ils en rejettent une partie pour s’attacher au reste.
Si, à l’heure présente, il existe encore une seule croyance positive dans les
pays protestants, elle est empruntée au symbole catholique qui, seul, la
maintient dans le monde avec autorité ; tout le reste se réduit à de pures
négations, et les négations n’ont jamais été ni une lumière ni une force.
« Ce
n’est donc pas aux théories de Luther,
aujourd’hui abandonnées de tout le monde,
et fort heureusement pour l’honneur de la conscience publique, c’est à l’Église catholique gardienne du
christianisme complet que nos frères séparés sont redevables de tout ce qui a
survécu chez eux aux ravages de l’incrédulité. » (Mgr Freppel, Œuvres polémiques, t. 6, p. 90-108)[77].
Pour approfondir la connaissance de la philosophie et la théologie
de Luther il y aura grand profit de lire « Trois réformateurs :
Luther, Descartes, Rousseau »[78] de Jacques Maritain, philosophe chrétien, thomiste,
fait Cardinal par Paul VI.
Voilà les hommes : Gandhi,
Luther King, Luther que le monde nous donne à admirer, à aduler et à suivre. Je
suis surpris qu’on n’ait pas songé à loger une autre icône aussi avariée que
les précédentes puisqu’elle orne le prêt à porter de mode comme le prêt à
penser de masse : le révolutionnaire
CHE GUEVARA, lui aussi tombé dans des circonstances brumeuses.
Décidément les idoles de ce temps
finissent toutes bien mal.
On me rétorquera sans doute, Jésus
Christ aussi. OUI, mais LUI il « ressuscita le troisième jour ». Et
« Il monta aux Cieux ». Cela fait une grande différence, celle qu’il
y a entre une Vraie religion fondée sur les Apôtres et une forgerie montée par
les journalistes. A ma connaissance
aucun d’eux n’a accepté de mourir pour authentifier son témoignage.
L’intégrisme.
On peut être chrétien, certes, mais à la condition de ne pas l'être tout à fait, c'est-à-dire en l'étant d'une manière non intégrale
- n'est-ce pas ? - pour ne
pas dire non intégriste. Maurice G. Dantec[79]
Les mots et les expressions ont aussi une mode. Il fut
un temps où pour affaiblir, pétrifier ou anéantir l’adversaire on le qualifiait
d’ « infâme »[80], de« ci-devant » puis de « réactionnaire » ou de « clérical » puis de « fasciste ». Aujourd’hui la mode est
à « l’intégriste » donné
–faussement – comme équivalent à « fondamentaliste ».
Il est évidemment plus facile et plus expéditif de tuer (socialement) d’un
qualificatif que d’argumenter avec sa raison, ce qui suppose d’en avoir
l’aptitude discursive et la compétence intellectuelle avec la connaissance
parfaite du sujet.
« Le moderne bannissement de la vie publique
passe par l’usage gratuit de ces appellations incontrôlées. Il en ressort que
l’emploi du terme intégriste est
toujours suspect. Il ne relève que d’une diffamation collective, créatrice d’un
préjugé péjoratif, il est arbitraire, ne reposant sur aucune justification, il
a pris l’allure d’un vice défini et connu comme tel. Celui qui l’utilise
néanmoins comme
allant de soi, sans motivation explicite, se désigne lui-même comme en cela
disqualifié.» Jean Madiran, écrivain, journaliste et philosophe catholique 9
nov. 2011
Soumis à tous les lieux communs des modes en cours (et en cour), O. Le Gendre
et le Cardinal n’échappent pas à ce travers destiné à disqualifier à bon
marché, nul n’allant y voir en général, si l’épithète est justifié (et ce
qu’elle signifie).
« La tentation
des groupements intégristes : préserver la pureté au dépens de l’adhésion
consciente des fidèles… Oui, c’est une des caractéristiques de
l’intégrisme : fantasmer une pureté qui n’existe pas et n’a jamais existé
en tenant les fidèles sous le pouvoir d’un mystère auquel ils n’ont pas accès,
sauf à rejoindre le petit cercle des initiés[81].
»Page 141
« …extrémistes
religieux : fondamentalistes, intégristes, partisans de la
théocratie. »Page 259
La première
légitime question à se poser, quand on est catholique, pour juger correctement
une opinion, ou une pratique, ou une doctrine est : qu’en a dit
l’Église ?
Or je lance ici un défi au cardinal
et son alter ego qui signe
le livre : qu’ils me montrent où, quand et dans quel document l’Église a condamné ou seulement commenté, ou encore cité « l’intégrisme » ?
Ils seront bien en peine de me répondre et leur caricature de l’intégriste n’est donc qu’une opinion privée dénuée de valeur doctrinale sinon de sens.
Car comment comprendre ce terme, connoté aujourd’hui
d’une charge péjorative par la disgrâce de la pesanteur socio-médiatique
dominante, sans le relier à ses racines « intégrité » & « intègre » ? Si vous demandiez à un « intégriste » –mais est-il fréquentable ?- ce qu’il
entend par ce terme (dont d’ailleurs il ne s’est jamais revendiqué et qu’on lui
accole d’office, arbitrairement) il vous répondrait sans doute qu’il se veut
« intégralement »catholique
ou catholique dans son « intégrité ».
Est-ce pendable ? Est-ce déraisonnable ? Est-ce une
violence ? Est-ce un péché ?
Sans doute, pour le Monde, est-il préférable d’être
catholique modéré c'est-à-dire, de
fait, modérément catholique. Vous savez,
catholique sans excès de religion, de prière, d’ascèse (voir encadré), en un
mot de sainteté car « méfiez vous
des saints !»(Bernanos).
Le
cardinal et Le Gendre portent sur le Bx Jean Paul II un jugement terrible à
propos des mortifications qu’il s’infligeait
(flagellation) : « Le Gendre : vous aviez connaissance de cette pratique de Jean Paul II ?...si
ce fait est prouvé, Éminence, qu’en pensez vous ? – Cela me gênerait et jetterait, à mon avis, une ombre sur la personnalité de ce
très grand Pape. » Pages 126 -.-127.
Évidemment la mortification est une pratique intégriste, rebelle à l’esprit du monde,
incomprise et raillée. Une conduite extrême pour la morale du plaisir qui n’a
jamais rien compris à la valeur de la souffrance rédemptrice. En effet, de nos
jours, la souffrance en tant que telle, est
insupportable, inadmissible et
révoltante. Conception qui en aggrave la peine, et en fait l’antichambre de
l’enfer quand elle pourrait être le vestibule du Paradis : « si les hommes connaissaient la valeur des
croix, ils se les voleraient entre eux » (St curé d’Ars).
La subversion des mots précède la
subversion des choses et il est inévitable qu’une société désintégrée bannisse l’intégrité
et les personnes attachées intégralement à
leur conviction – surtout quand ces convictions sont fondées sur le surnaturel
révélé, notion que le naturalisme refoule-.
Le plus étrange est que cette manière singulière d’étiqueter « intégristes » certaines catégories
de croyants - mais surtout pas les intégristes
du relativisme, de la libre pensée, du libéralisme religieux[82]
, de la science, de l’hédonisme, les intégristes des réformes permanentes, de
la déstabilisation et de la critique - soit aussi endossée par un cardinal dont on pourrait soupçonner
pourtant l’intégrisme du dénigrement.
Car, qu’il y prenne garde, à ce jeu du mot assassin on devient toujours « l’intégriste » de quelqu’un.
Mais comment peut-il ignorer le
nombre incalculable d’expressions[83]
de la Sainte Écriture qui recommandent au contraire cette vertu ?
Josué 24:14 « Servez
Yahvé avec intégrité et vérité ; ôtez les dieux qu'ont servis vos pères de l'autre côté du fleuve et en Egypte, et servez Yahvé.
Proverbes
10:9 « Celui qui marche dans l'intégrité
marche en confiance »
20 : 7 « Le juste marche dans son intégrité; heureux ses enfants après
lui! »
28 : 18
« Celui qui marche dans
l'intégrité trouvera le salut »
Amos
5:10
« celui qui parle avec intégrité, ils l'ont en horreur »
JOB 2 :3 « Yahvé dit à Satan: « As-tu remarqué mon
serviteur Job? Il n'y a pas d'homme comme lui sur la terre, intègre, droit, craignant Dieu et éloigné du mal. Il persévère toujours dans son intégrité,
quoique tu m'aies provoqué à le perdre sans raison. »
Isaïe 38 : 3 "Souvenez-vous, ô Yahvé, que
j'ai marché devant votre face avec fidélité et intégrité, et que j'ai fait ce qui est bien à vos yeux!" Et Ezéchias versa des larmes abondantes. »
Ce qui est clair ici c’est que, pour O. Le Gendre, la charité n’est pas pour les intégristes. Et c’est à eux que l’on
reproche la dureté de cœur, l’intransigeance dans la doctrine (qui n’exclut pas
la douceur envers les hommes), la
rigueur dans la morale, la violence dans l’expression[84] etc.
Oui l’intégrisme dans la société et dans certains milieux catholiques n’a pas Bonne
Presse.[85]
Aussi, pour parfaire la défaite du supposé « intégrisme » catholique Le Gendre n’hésite pas à
utiliser l’arme hypocrite absolue de l’amalgame classique avec l’intégrisme islamique[86].
Mais cette tactique insidieuse est une imposture intellectuelle sans mesure
car nul ne peut ignorer que le problème n’est pas, dans
l’Islam, le fondamentalisme. Le seul
problème dans l’islam, ce sont les fondamentaux de l’islam. Dans l’Islam, à l’inverse du catholicisme, c’est
dans la doctrine même du Coran que l’on trouve la violence : « Les
religions chrétiennes furent sanglantes et meurtrières en s'éloignant de leurs
textes tandis que l'islam le fut en se rapprochant des siens. » Eric Conan [87]
L’intégrisme
dans le catholicisme, selon ses propres Écritures, serait plutôt dans un
débord d’Amour !
Plusieurs femmes nous livrent leur vision ; elle est plus intrépide,
plus exacte et plus éclairée que celle de M. Le Gendre :
« J'ai décidé de combattre l'islam ; s'il
vous plaît comprenez ma déclaration : combattre l'islam, pas l'islam
politique, pas l'islam militant, pas l'islam radical, pas l'islam wahhabite, mais l'islam en lui-même... L'islam n'a
jamais été incompris, l'islam
est le problème. », Mme WAFA SULTAN Syrienne et musulmane alaouite, psychiatre,
américaine depuis 1989. (http://www.youtube.com/watch?v=RFN8ahYN1b0)
«
Il n’y a rien à garder du coran » «
Les médias occidentaux et les
intellectuels font preuve de lâcheté concernant l’islam et ses dogmes »Taslima Nasreen écrivain née en 1962 dans une famille
musulmane de Mymensingh, au Bangladesh. Elle a d’abord été gynécologue puis
écrivain.
« Je
connais l’Islam et pour moi cela signifie la mort et la douleur. L’islam, fondamentalement,
méprise l’être humain et la femme. »Mina Ahadi Née en Iran en 1956, se voit exclue de
l’université de Téhéran où elle étudiait la médecine aux premiers jours de la
révolution islamique, parce qu’elle refuse de porter le tchador.
"Les intégristes chrétiens protestent mais ne brûlent pas."C'est ce qu'a répondu le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, à un journaliste qui tentait de lui faire faire un amalgame entre les manifestants du Théâtre de la Ville (où se produit une pièce outrageante pour le Christ) et les auteurs islamiques de l'incendie des bureaux de Charlie Hebdo. (Source : I Télé 2 novembre 2011)
Mais, alors que la
violence est partout, parfois voilée sous des masques doucereux et des mots
lénifiants (IVG pour avortement,
euthanasie pour assassinat médical, intervention
humanitaire pour guerre néo coloniale, dommages
collatéraux pour bavures militaires, incivilités
pour délinquance violente, jeune pour
immigré asocial …), le monde moderne récuse la Force comme une peste alors qu’elle est une vertu cardinale
nécessaire.[88]
On ne parle plus guère, quand on évoque le Seigneur Jésus que de ses douceurs ; certes ! Mais il
sut aussi montrer sa colère et sa
prédication en acte ne fut pas narcotique :
« St Jean 2 : 14. Il trouva dans le temple les marchands de
bœufs, de brebis, et de colombes, et les changeurs assis.
15. Et ayant fait un petit fouet avec des cordes, il les chassa tous du temple, avec les brebis et les bœufs; il
jeta par terre l'argent des changeurs et renversa leurs tables.
16 .Et il dit aux vendeurs de colombes: " Enlevez cela d'ici; ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic."
17 .Les disciples se ressouvinrent alors qu'il est écrit: "Le zèle de votre maison me dévore."
15. Et ayant fait un petit fouet avec des cordes, il les chassa tous du temple, avec les brebis et les bœufs; il
jeta par terre l'argent des changeurs et renversa leurs tables.
16 .Et il dit aux vendeurs de colombes: " Enlevez cela d'ici; ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic."
17 .Les disciples se ressouvinrent alors qu'il est écrit: "Le zèle de votre maison me dévore."
Aujourd’hui on préfère l’eau tiède
qui ne procure qu’une sensation indolente.
St Jean Apocalypse
3 : 15 « Je connais tes œuvres : tu n'es ni froid ni chaud. Plût à Dieu que tu
fusses froid ou chaud ! 16 Aussi, parce que tu es tiède et que tu n'es ni
froid ni chaud je vais te vomir de ma bouche. »
« On
ne trouve la vrai religion que chez les chrétiens appelés catholiques ou
orthodoxes, c'est-à-dire gardiens de l’intégrité
et disciples de la justice. » (« La vraie Religion » Saint
Augustin édition Via Romana aout 2010 Chapitre V p.75)
« Une autre interprétation culturelle me paraît plus
respectueuse de la nature de l'homme et des relations qu’il a. Elle se place à
la limite qui sépare la religion civile de la diaspora et de la clandestinité. Elle propose la manifestation de
Jésus-Christ dans son intégralité – qui ne peut être réduite à
aucune prise de position humaine –, elle en montre le cœur qui vit dans la foi
de l’Eglise au profit du peuple tout entier.
De quelle façon? A travers l'annonce, par le représentant de l’Eglise, de tous les mystères de la foi dans leur intégralité, savamment résumés dans le catéchisme de l’Eglise.
De quelle façon? A travers l'annonce, par le représentant de l’Eglise, de tous les mystères de la foi dans leur intégralité, savamment résumés dans le catéchisme de l’Eglise.
20/02/2011 in
« Avvenire » Cardinal Scola Archevêque de Milan.
Intermède historique sur
l’anglicanisme :
Il sera utile d’examiner comment le
Cardinal prétendu « historien », qui s’exprime sur le sujet qui suit,
nous trace l’histoire de la naissance de l’Église anglicane. Pris en défaut une
nouvelle fois sur ses analyses du passé, il ne nous en apparaitra que plus
illégitime dans sa théorie de réforme fondée sur des approximations
historiques.
Dès l’Entrée en matière la distraction
documentaire saute aux yeux : « Le
pape a reçu hier un homme qui force
mon admiration. Un homme juste[89],
diriez-vous, Olivier. Il s’agit du primat de la Communion anglicane, l’archevêque
Rowan Williams. »Page 308.
Peut-on oublier que Rowan Williams fut
admis au sein de la Gorsedd des bardes[90], une institution qui
promeut la langue et la culture galloise où il fut élevé au rang de "druide" juste avant
son entrée en fonction comme archevêque de Cantorbéry. Son admission à une fonction païenne sacrée et le cérémonial
utilisé ont suscité une brève controverse parmi certains groupes d'anglicans
évangéliques qui y ont vu une forme de paganisme.
Mais cela ne trouble en rien le
très « ouvert » cardinal en ce domaine – et fermé en d’autres. Peut
on ignorer que Rowan Williams défendit des positions bienveillantes vis-à-vis de l'homosexualité
avant sa prise de fonction comme archevêque de Cantorbéry dans une série de
conférences qu'il a données à l'Université d'Oxford en 1989 sur le thème de la
théologie de la sexualité, intitulée la grâce et le corps (The Body's
Grace ; Publié en 2002 sous le titre Theology
and Sexuality: Classic and Contemporary Readings (collection des Blackwell Readings
in Modern Theology).
Sur la question de l'acceptation des couples homosexuels,
l'archevêque dit ne pas vouloir d'une église « inclusive » mais
plutôt « accueillante ». En foi de quoi il laisse consacrer Gene
Robinson, ouvertement homosexuel, comme évêque du New Hampshire, avoue avoir
« perdu le contrôle de la situation »
lorsque le pasteur Jeffrey John homosexuel affirmé se porte candidat à l’évêché
de Reading, enfin ne parvient pas à assurer la discipline de sa Communion avec
la consécration d'une femme vivant elle aussi en couple homosexuel, Mary Glasspool.
En 2003, il suscita l'incompréhension en déclarant, à propos
des attentats de New York du 11
septembre 2001 que « les terroristes
pouvaient avoir des objectifs moraux sérieux » et qu'il fallait éviter
de les ranger systématiquement dans le camp de l'« axe du mal »[91]. En janvier 2008, Rowan Williams indique que l'introduction
de la charia, la loi islamique, dans
certaines parties de la législation britannique, en particulier pour les affaires familiales[92] ou financières, lui
semble inévitable[93].
Enfin, Rowan Williams déclare le 24 septembre que Karl Marx avait en partie raison dans
sa critique du capitalisme : "Marx a fait remarquer il y a longtemps
la façon dont un capitalisme débridé peut devenir une sorte de mythe,
attribuant réalité, pouvoir et moyens d'action à des choses qui n'ont pas
d'existence par elles-mêmes". (« Marx
was partly right about capitalism », publié dans l'hebdomadaire
britannique The Spectator du 26
septembre 2008)[94].
Il eut été mieux inspiré de reconnaitre que la doctrine sociale de l’Église
(catholique), mieux que Marx, et sans les vices terribles du système marxiste,
avait déjà développé ce constat et proposé des remèdes chrétiens appropriés.
Le
cardinal a le droit d’être admiratif d’un tel personnage mais il n’en donne pas
les raisons. Peut être, après tout, est
ce justement pour les motifs que je viens d’évoquer. Cela serait d’ailleurs
cohérent avec les thèmes chers à notre prélat.
On
lui rappellera toutefois que son cher « homme juste » n’est « Archevêque »
que de nom et pas de fait ; en effet, après une
longue et minutieuse consultation, le Pape Léon XIII conclut le 18 septembre
1896 : « "Les
ordinations faites selon le rite anglican ont été et sont absolument nulles
et sans valeur." (Lettre Apostolique Apostolicae Curae)[95].
Longuement et minutieusement argumenté tant sur le plan historique que
théologique le document détaille les arguments qui entrainent la conclusion de la nullité du pseudo sacerdoce anglican.
Déjà Bossuet dans l’histoire des
variations des églises protestantes avait mis en lumière les carences
doctrinales, liturgiques et rituelles qui empêchaient le sacerdoce d’être
validement transmis dans le rite anglican[96]. Il y a lieu d’ajouter
que lorsque des membres du clergé anglican passent à l'Orthodoxie, ils sont
traités comme s'ils n'avaient pas été ordonnés et doivent être ordonnés dans
l'Église orthodoxe comme de simples laïcs.
Il est vrai qu’être l’ « archevêque » en chef d’une Confession religieuse née du caprice charnel
d’un Roi adultère, Henri VIII, assassin de deux Reines ses épouses, d’un
Chancelier du royaume (St Thomas Moore), de plusieurs évêques, d’un Cardinal
(St John Fisher), de dizaines de moines et de prêtres et des centaines de
catholiques fidèles est une lourde hérédité car voilà une église née du
péché, installée dans le sang –non pas de ses martyrs mais de sa propre
violence persécutrice- inaugurée par un cardinal bigame [97]
« Dans l'espace de trente-huit ans
de règne, Henri VIII avait fait exécuter deux reines, un
cardinal, deux archevêques, dix-huit évêques, treize
abbés, cinq cents prieurs et moines, trente huit docteurs, douze ducs & comtes, cent soixante-quatre
gentilshommes, cent quatre vingt
bourgeois, cent dix femmes. Il manque à ce nouveau Néron un autre Tacite. Qu'un
pareil monstre soit devenu le chef d'une
religion adoptée par l’Angleterre, ce pays où les intelligences sont si nobles, si élevées, où les esprits
sont habitués à apprécier froidement les
événements et les hommes, où l'histoire est
étudiée, connue, comparée et jugée, où l’honneur national est un sentiment populaire si puissant et
si vivace, c'est là un fait qui
déconcerte tous les calculs, qui combat toutes les vraisemblances, qui confond la pensée et l'incline devant un de ces abîmes
impénétrables de la justice divine, dont
les jugements sont incompréhensibles et les voies insondables. » William Cobbet op. cité
Mais l’histoire
de cette religion singulière[98]
telle que vous la raconte le Cardinal
vous laisse stupéfait. Voici donc son fabuleux
récit, pages 308 & 309 :
Voilà un condensé d’histoire, mais « tout y est
faux » !
Le cardinal écrit que Catherine d’Aragon « n’avait pu donner d’héritier à la
couronne » mais cela est inexact car il y avait eu de leur mariage une
fille, Marie Tudor, qui d’ailleurs régna de 1553 à 1558 après la mort de
son demi-frère Edouard VI. De ce fait, le pape Clément VII, le mariage étant
consommé et les femmes étant aptes à régner en Angleterre, n’avait aucune
raison légitime d’annuler le mariage d’Henri VIII avec Catherine d’Aragon. Loin
d’être en effet « manipulé par Charles Quint »[99]
Clément VII en fut la victime puisque l’Empereur mit Rome à sac en 1527 et
l’enferma au château Saint Ange d’où le pape s’enfuit pour se réfugier à
Orvieto. La thèse cardinalice ne s’accorde donc avec AUCUN évènement réel, elle
n’est que le fruit de son idée fixe obsessionnelle de TOUT expliquer de
l’Église par des mesquineries historiques sans fondement réel. Le vrai est
qu’Henri VIII était esclave d’une passion dévorante pour Anne Boleyn et
cherchait tous les prétextes pour divorcer,
rompant un mariage légitime avec une épouse docile, rangée et aimée du
peuple anglais.
La résistance du Pape, logique et conforme à la morale
et aux préceptes du Seigneur Jésus –pouvait-il en être autrement du Vicaire du
Christ ?- enflamma ce Roi sanguin, rongé par sa fièvre amoureuse déréglée
et le détermina à rompre avec l’unité catholique pour une femme. Quand une fois
on a consommé le scandale on ne s’arrête plus en chemin : ce Roi fera
décapiter deux Reines et au total en
aura épousé six. Il fut le modèle de la
fable de Barbe bleue. Il est
l’auteur du schisme anglican. Il est le fondateur
de cette monstruosité
intellectuelle : la naissance d’une religion fondée sur un élan sexuel
irrépressible. Quand une religion a un tel
fondateur il y a tout lieu de craindre qu’elle ne traîne irrévocablement
quelque vice indélébile.
Mais l’histoire à la sauce du cardinal continue dans
sa légende erronée car contrairement à
ce qu’il prétend Anne Boleyn ne lui
donnera pas du tout l’héritier tant souhaité : elle donnera naissance à
une fille, Elisabeth, ce qui irritera le Roi et le poussera à la faire
monstrueusement accuser de commerce avec son propre frère, crime d’inceste et
ainsi la faire décapiter. L’héritier mâle ne lui sera donné que par Jeanne
Seymour, sa troisième femme, et règnera sous le nom d’Édouard VI de 1547 à
1553.
Je recommande à l’attention des lecteurs la formule du
cardinal « il s’arrangea (le Roi) pour que l’archevêque de Canterbury le
reconnaisse au nom du Christ chef de l’Église et du clergé d’Angleterre ».
Comme l’Archevêque Cranmer (voir plus haut) avait été choisi par le Roi qui obtint du Pape son accord –le Pape tentant d’éviter
le conflit[100]-,
que les opposants à son divorce étaient éliminés
(Thomas More, son chancelier fut décapité pour son opposition), que les adversaires
de son acte de suprématie qui
consacrait sa main mise sur l’église d’Angleterre étaient persécutés et
décapités on comprend que le Roi se soit en effet bien « arrangé » pour obtenir le succès de
ses desseins. Mais qu’en termes galants ces choses là sont dites : le
cardinal est moins indulgent avec ses frères catholiques « intégristes » qu’avec un Roi
meurtrier, schismatique et adultère. C’est toute la misère de sa
démarche !
Au passage
remarquons que toute la thèse historique des livres du Cardinal/ Le
Gendre est fondée sur la fable de la dépendance de la Papauté à l’égard des
monarchies et de sa connivence avec les Pouvoirs anciens. Or, nous découvrons
ici –une fois encore et ce ne sera pas la dernière- que l’histoire s’écrit à l’inverse : c’est la
lutte des autorités humaines pour imposer leur concupiscence (pouvoir, gloire,
argent, possessions et passions) au pouvoir moral et la résistance farouche
mais pacifique et spirituelle du Pouvoir catholique aux prétentions Princières.
L’histoire de la naissance dans la luxure de la religion anglicane dément toute
la construction historique des livres d’O. Le Gendre. Pouvions-nous douter de la
vanité de cette vision déloyale de l’histoire ecclésiastique ?
Car, en
vertu de sa mission, le Pape Clément VII refusa de troquer l’intégrité du
sacrement contre l’achat de la complaisance d’un Roi puissant. Le Pape et la
religion catholique y perdirent un grand pays qui quitta leur communion mais
ils préservèrent la fidélité à Jésus et l’honneur de l’Église.
Une petite
perte, et un immense gain ![101]
Pour en
finir avec l’anglicanisme écoutons ce que nous en dit in fine le cardinal : « La souplesse de la structure
de l’Église anglicane pourrait aussi tenter ceux qui jugent la nôtre trop rigide, et le peu de différences
dogmatiques entre les deux Églises pourrait faciliter cette
migration » page 311.
Je regrette
d’avoir à dire ceci : cette assertion dénote une aussi grande faiblesse théologique que celle qui vient d’être
démontrée dans le domaine historique
où pourtant le cardinal se prétend expert. Pardon de le lui signifier ainsi,
mais RIEN dans son analyse de l’anglicanisme n’est acceptable :
-
La souplesse qu’invoque
le cardinal n’est, de fait, qu’une fragmentation
disciplinaire et doctrinale permettant tout et son contraire et révélant plutôt
la vulnérabilité d’une religion
désormais à la dérive, sans aucune unité.
Ni dans sa structure, dépourvue de cohésion[102]
ni dans sa doctrine pulvérisée en croyances opposées, l’anglicanisme ne
présente la physionomie d’un corps homogène ; il n’y a plus d’autorité
reconnue –s’il y en eut jamais- et il n’y a plus de communauté de foi, les
doctrines les plus opposées se disputant la légitimité. Comment un tel
organisme manifestement en état de désagrégation et de dégénérescence pourrait
il attirer ? D’ailleurs le
cardinal ne sait pas si bien dire
puisqu’il écrit « tenter ceux
qui…», or tenter c’est « entraîner au mal, au péché ». En
voulant être trop bon pour l’anglicanisme, le prélat lui donne, de fait le coup de grâce. Ce n’était pas,
manifestement, son intention mais il
arrive parfois que les mauvaises actions conduisent à se tirer la balle dans
son propre pied.
-« Peu de différences dogmatiques entre les deux églises» c’est nier la
position officielle[103]
et opposée au catholicisme de la religion anglicane sur les questions
essentielles du dogme telles que la
présence réelle, l’efficacité de la Transsubstantiation, l’Immaculée
Conception, l’Assomption, le culte à la Très Sainte Vierge, la Primauté de
Pierre, l’Infaillibilité pontificale, le sacerdoce ministériel, la valeur de la
Tradition dans la Révélation, le célibat ecclésiastique, l’intercession des
saints et des anges, le culte des images…
-
Enfin le cardinal qui ne voit que le pire dans notre
Église – et le meilleur dans les autres- nous fait assister au risque « de migration »[104]
des catholiques vers l’anglican ;
moi je ne vois DE FAIT que l’hémorragie des anglicans vers notre Église, par
milliers, prêtres et évêques en tête. Alléluia ! ils reviennent au bercail, la promesse du
Sauveur « il n’y aura qu’un seul troupeau »
est en cours. Quant au célibat, le
cardinal prévoit qu’il va –espère-t-il-
être ébranlé par l’arrivée des anglicans chez nous, avec l’entrée dans notre
Église de prêtres mariés dans l’anglicanisme. C’est ce que l’on nomme
« prendre ses désirs pour la réalité » car c’est encore ici l’inverse
qui est en cours : l’Église catholique, bonne mère, accueille les prêtres
et évêques anglicans mariés (elle
accepte la conversion en l’état avec
charité), elle ordonne au sacerdoce les
arrivants (puisque leur sacerdoce était invalide) mais ne confirme pas dans
l’épiscopat les évêques mariés qui
demeureront seulement prêtres &
n’ordonnera à l’avenir au sacerdoce que des laïcs non mariés. C’est donc le
célibat qui va « migrer »vers l’anglican et non le
contraire.
AFP Mis à jour le 15/01/2011 à 17:51 : « Trois évêques anglicans, convertis au catholicisme en raison du virage "libéral" de leur hiérarchie, ont été ordonnés prêtres aujourd'hui en la cathédrale de Westminster à Londres, un nouvel épisode des relations tumultueuses entre l'Eglise anglicane et Rome… "Cette journée unique marque une nouvelle étape dans la vie et l'histoire de l'Eglise catholique", a déclaré dans son homélie l'archevêque Vincent Nichols, lors de cette cérémonie à laquelle assistaient des centaines de représentants du clergé. Les trois évêques étant tous mariés et pères de famille, ils ne peuvent conserver leur rang au sein de l'Eglise catholique et ont donc été ordonnés prêtres.
Admirons à sa très grande valeur l’humilité des convertis, qui confirme la grande sincérité de leur conversion, puisque dans leur démarche ils vont perdre leur fonction épiscopale. Ils ont choisi la vérité au mépris de leur rang. Dieu exaltera leur choix, n’en doutons pas.
Newman par M.
l’Abbé Jean-Pierre Herman :
On
oublie souvent que le cadre de toute sa réflexion théologique, comme du chemin
qui l’amènera finalement à Rome, a été la
célébration liturgique et la découverte progressive de ses sources et de
ses développements ultérieurs.
Dans
le Tract 11, The Visible Church, il déclare que l’unité de
l’Eglise se rend visible dans la
liturgie. Celle-ci, d’après lui, n’est pas seulement un agencement
arbitraire d’éléments épars, mais une juste
expression de la louange, qui prend sa source dans l’Eucharistie et les
autres sacrements.
Dans
sa période anglicane, la réflexion constante sur l’essence de ce qu’il appelait
The Church catholic a renforcé sa conviction que la liturgie est au centre de la foi et de la mission pastorale de
l’Eglise. L’Eglise est, pour lui, la
communauté de la louange : la Church catholic est par nature sacramentelle et liturgique. L’un des
critères essentiels pour vérifier l’authenticité d’une église est la
qualité de sa liturgie.
Son
intérêt grandissant pour la liturgie, tant dans
le soin apporté à la célébration des offices anglicans que dans son intérêt
pour la liturgie romaine, a clarifié de plus en plus sa perception de la Church
catholic, la véritable Eglise du Christ. Il a clairement compris la corrélation entre la liturgie que
célèbre la communauté et son identité ecclésiale. Ce que le Père Alcuin
Reid, dans son chef d’œuvre de synthèse, a appelé The Organic development of
the Liturgy, Newman l’a compris comme constitutif
de l’identité même de l’Eglise et de son caractère d’Eglise unique du Christ.
Il y a une interaction constante entre liturgie et foi : la prière de l’Eglise, tout au long de son
histoire, exprime sa foi telle qu’elle la proclame et la précise, et c’est la
foi qui est à la source de la liturgie. La liturgie a une fonction normative pour former à la foi. Newman était très sensible
à la manière dont la foi de l’Eglise s’est développée de manière systématique.
C’est, en partie, en découvrant la liturgie et la manière dont elle exprime la
foi de l’Eglise, qu’il est parvenu à cette intuition. La liturgie, dans son
évolution, porte en elle l’évolution de la foi de l’Eglise. Elle exprime la foi
de l’Eglise, et c’est cette foi qui lui donne son contenu.
« Je regardais l’Eglise de Rome : avec ses rites, ses
cérémonies et ses prescriptions, et j’ai dit « ça, c’est la religion ».
Puis j’ai jeté un regard sur notre pauvre église anglicane, pour laquelle
j’avais travaillé avec tant de zèle et à laquelle j’appartenais
inconditionnellement. Et malgré mes tentatives de lui donner une base doctrinale
et esthétique, elle me semblait la pire des inconsistances. » Bienheureux Cardinal Newman
(Apologia pro vita sua).
Passim, quelques mises au point :
-Vérité religieuse : « Je remarque qu’il y a des vérités dans d’autres religions et,
aussi, dans le cœur des hommes »page 253
Certes !
Si les fausses religions ne présentaient que
des erreurs et des faussetés, elles ne seraient pas attractives, crédibles,
trompeuses, car le mensonge à l’état
pur, l’erreur absolue ne sont pas séducteurs[105].
Il faut donc quelques bribes de vérité,
parfois dans un océan de méprise et d’égarement, pour attirer le chaland. C’est
ce que notre Église a TOUJOURS affirmé. Et répété dans la « Déclaration Dominus Iesus » de la
Congrégation pour la Doctrine de la FOI le 6 août 2000 :
“Les fidèles sont tenus de professer qu'il existe une continuité
historique — fondée sur la succession apostolique — entre l'Église instituée par le Christ et l'Église catholique: «
C'est là l'unique Église du Christ [...]
que notre sauveur, après sa résurrection, remit à Pierre pour qu'il en soit le
pasteur (cf. Jn 21,17), qu'il
lui confia, à lui et aux autres apôtres, pour la répandre et la diriger (cf. Mt 28,18ss.), et dont il a fait pour
toujours la “colonne et le fondement de la vérité” (1 Tm 3,15). Cette Église comme société constituée et organisée
en ce monde, c'est dans l'Église
catholique qu'elle se trouve [subsistit
in], gouvernée par le successeur de Pierre et les Évêques qui sont en
communion avec lui .
Par l'expression subsistit in,
le Concile Vatican II a voulu proclamer deux affirmations doctrinales: d'une
part, que malgré les divisions entre chrétiens, l'Église du Christ continue à
exister en plénitude dans la seule
Église catholique; d'autre part, « que des éléments nombreux de sanctification et de vérité subsistent
hors de ses structures »,55 c'est-à-dire dans les
Églises et Communautés ecclésiales qui
ne sont pas encore en pleine communion avec l'Église catholique.56
Mais il faut affirmer de ces dernières
que leur « force dérive de la
plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l'Église catholique ».« les éléments de cette Église déjà donnée
existent, unis dans toute leur plénitude,
dans l'Église catholique et, sans cette
plénitude, dans les autres Communautés »
Autrement
dit, c’est dans le catholicisme que l’on trouve TOUTE la vérité dans son
INTEGRITE, ailleurs il y a DE la vérité, mais seulement en PROPORTION de la
proximité avec le catholicisme. Il est stupéfiant qu’un cardinal ignore ou bafoue
cette doctrine capitale du catholicisme et qui, de plus, fait l’objet d’une
obligation DE FOI.
De même si
l’homme dans son cœur mais aussi dans sa raison, n’était que sophisme et
déviation il compromettrait son propre équilibre naturel qui requiert le Vrai & le Bien pour la santé
mentale et morale de son existence. C’est dans la mesure de sa proximité et de
son accord substantiel avec le Vrai et le Bien que se bâtit puis se consolide
son harmonie existentielle ; ce sont l’erreur intellectuelle et affective
et le péché qui engendrent dépression et névrose.
-Les
croisades : «Regardez les croisés qui proclamaient haut
et fort leur volonté de délivrer le tombeau du christ par la force et la violence, qu’enseignaient il, sinon le contraire de l’enseignement de celui dont
ils se réclamaient ? » page 251-252.
-« A quoi
rime de monter une expédition militaire pour délivrer un tombeau vide ? »Page 205
Les croisades
font toujours l’objet du coup de pied obligé, facile et sans risque de tout
conformiste moderne qui abhorre la force des siens et vénère celle
des autres. Les soldats de Christ, non seulement, délivrèrent le Tombeau[106], vide[107] mais adorable,
mais aussi stoppèrent pour un siècle la submersion de la Méditerranée par l’Islam
qui se répandait irrésistiblement, les armes à la main et la conversion forcée.
L’erreur première et constante des détracteurs des
croisades est de considérer un évènement survenu il y a 900 ans avec une grille de lecture contemporaine sans prendre en compte les mentalités et les
situations géopolitiques de ces Temps anciens ; cette distorsion
temporelle fausse tout jugement. Cessons de persécuter notre passé avec
notre état d’esprit indulgent aux coupables et implacable aux victimes.
La deuxième erreur, qui est un vice moral, est de chercher systématiquement
la faute chez les siens et d’ignorer la responsabilité de ceux d’en face. Car
dans une guerre –ce que furent les croisades- il y a lieu de rechercher d’abord
qui est l’agresseur : « le
véritable auteur d’une guerre n’est pas celui qui la déclare, mais celui qui
la rend nécessaire. »(Montesquieu).
La troisième
erreur est d’estimer toute guerre injuste
(surtout d’ailleurs celle faite par les chrétiens !) ; mais la guerre
est aussi « un état dans lequel on poursuit son droit par la force »
(Vattel « le droit des gens » Paris 1830) et l’église n’a jamais condamné la guerre juste dont St Thomas d’Aquin a fixé les
conditions.[108]
Munis de ses réflexions générales la compréhension des
croisades pourra contenir en quelques dates et tableaux :
-
En
632 quand meurt Mohammed TOUTE la
Méditerranée est chrétienne y compris JÉRUSALEM. (carte n°1)
-
En
760 soit en l’espace d’UN siècle les
deux tiers (2/3) de la Méditerranée sont Musulmans ! L’Islam a pris pied
en Europe depuis 711 par l’invasion militaire déferlante de l’Espagne. Il ne
sera stoppé qu’en 732 à Poitiers sauvant l’Europe d’un investissement total. Tous les diocèses chrétiens
d’Afrique et du Levant, alors plus
nombreux que ceux d’Europe, sont
anéantis. La conversion forcée
des populations a été faite en quelques dizaines d’années. Les pertes
religieuses furent irréparables quand on se souvient que la plupart des Pères
de l’Église, ces théologiens géants, venaient d’Afrique et du Levant, notamment
le dernier d’entre eux Saint Augustin évêque de Carthage (future Tunisie)[109].
-
La
poussée musulmane, interrompue par la
guerre des Francs en Europe du sud
(France, Espagne, Portugal), se poursuit alors vers les Balkans jusqu’à la
prise de Constantinople (« un malheur qui nous est arrivé hier »
Princesse Bibesco).
Les croisades ne furent qu’une riposte de légitime défense[110] de la Chrétienté pour protéger sa religion, sa
civilisation et son espace.
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